tomurban

tomurban
  • Membre depuis le 18/06/2006
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Publié le 24 septembre 2006
Conseiller en communication, Jeff est un homme qui a, en apparences, tout pour être heureux. Sauf qu' il sent bien, au fond de lui, qu' il ne l' est pas vraiment et que quelque chose manque dans sa vie... C' est alors qu' apparaît subitement dans son existence, comme tombé du ciel, un gamin qui ressemble comme deux gouttes d' eau lorsqu' il avait huit ans... Et pour cause !... Mais la cohabitation entre l' adulte et son double enfant ne s' annonce pas sous les meilleures auspices. Le quadragénaire self-made-man ne voyant en ce gosse haut comme trois pommes que ces "défauts de jeunesse". De son côté, l' enfant ne semble pas du tout ravi en voyant l' adulte qu' il est devenu... En ayant un peu marre de jouer les durs comme dans "Die hard", Bruce Willis a décidé de changer de registre et de faire prendre un tournant à sa carrière. Tout le monde connaissait Bruce Willis jouant les durs à cuir et les héros qui tombent toujours à pic pour sauver l' Amérique, ou même le monde (comme dans "Armagueddon"). Voici un nouveau Bruce Willis, qui se veut entièrement nouveau. Ici, celui-ci s' essaye à un tout autre registre, et donc à un jeu plus sobre. Finit le dur et le dingue, plus au doux et sensible Bruce Willis. Avec ce film, il voulait sans-doute prouver - et aussi, peut-être, se prouver à lui-même - qu' il pouvait être aussi bon acteur "dramatique" que héros sans peur (mais pas toujours sans reproches, certes) dans les nombreux films d' action qu' il avait tourné jusqu' ici. Et le résultat ?... Plutôt mitigé. Pour un premier essai, ce n' est pas trop mal. Comme acteur d' une comédie dramatique, il n' est pas plus mauvais qu' un autre. Il sait, à certains moments, se montrer drôle et/ou touchant et émouvant, et donner de la vérité et de la profondeur aux sentiments de son personnage... Mais, bon, il est tout de même assez clair qu' il n' a pas la carrure qu' avait un acteur comme Cary Grant dans les films de Frank Capra. Son jeu d' acteur étant large, certes, mais pas illimté. Si on comprend tout-à-fait, et qu' on puisse approuver, le souhait de Bruce Willis d' élargir son répertoire de varier les types de personnages qu' il interprète à l' écran, il faudrait quand même lui conseiller de ne pas changer trop brutalement de cap. Car, s' il a montré qu' il pouvait être un très bon acteur, il est quand même difficile de le voir jouant du Shakespeare.

Publié le 24 septembre 2006
Deuxième des trois adaptations du roman éponyme de Rafael Sabatini. (La première, de Rex Ingram, datait du temps du muet. Et la seconde, une coproduction franco-italo-espagnole, des années soixante). Nous sommes ici dans les années 1780, peu de temps avat le début de la Révolution française. André Moraux, un gentilhomme bâtard, charmeur et fine lame, décide de partir à la recherche de son père naturel. En chemin, il croise la route d' une belle demoiselle de haute lignée, qui se trouve justement être la fille de l' homme que Moraux recherche... Mais, en plus de sa quête du père, Moraux va se retrouver aux prises avec le marquis Noël de Maine, archétype du nobe orgueilleux et mégalomane, et qui manie lui aussi très bien l' épée. Pour avoir tuer un de ses amis en duel - qui commit la faute de rédiger des pamphlets virulents qui vilipendaient les membres de la haute noblesse, De Maine en tête -, Moraux se jure bien d' avoir la peau de celui-ci. Ceci avec l' aide de la jeune princesse et d' une de ses fidèles amiees (Janet Leigh et Eleanor Parker, toutes deux magnifiques)... Les années 50 furent, à Hollywood mais aussi en France, l' âge d' or du film de cape et d' épée, et "Scaramouche" est en est l' un des représentants les plus brillants. Dans le genre, c' est l' un des chefs-d' oeuvre qu' ait réalisé la M.G.M. Stewart Granger, l' une des plus grandes vedettes de cette dernière, et alter ego américain de Jean Marais, eu là l' un de ses meilleurs rôles. Face à lui, Mel Ferrer est parfait, lui aussi, dans la peau de ce marquis, héritier de Machiavel, et qui se verrait bien prendre la tête d' une "guerre sainte" contre les forces révolutionnaires qui commencent à émerger. La scène du duel final, où De Maine et Moraux s' opposent dans un combat épique, constitue le clou de ce spectacle qui concentre en lui toute la magie qui faisait le charme des films de cette époque, et qui reste indémodable.

Publié le 22 septembre 2006
Un train s' arrête dans une ville de province. Un seul passager en descend... En achetant un tube d' aspirine dans une pharmacie, il fait la connaissance de Manesquier, un enseignant à la retraite. Celui-ci propose à l' étranger, qui répond au nom de Milan, de l' héberger, le seul hôtel du coin étant fermé... Les deux hommes sympathisent rapidement, et chacun découvre en l' autre l' incarnation de ses rêves non réalisés et de ses illusions perdues... Dans trois jours, Milan, avec des complices, attaquer la banque, tandis que Manesquier, lui, doit être opérer. Et, pendant, ces trois jours, ils vont se confier l' un à l' autre comme ils ne l' ont jamais fait de leur vie. Et imaginer, rêver, qu' une autre vie serait, ou aurait été, possible pour chacun d' eux. Manesquier est un célibataire endurci, qui s' ennuit seul dans sa grande maison, et qui, à la place de sa vie bien rangée et - trop - monotone de professeur de français, aurait préferer une vie faite d' aventures et de tribulations aux quatre coins de la France, et peut-être dans le monde, où il n' aurait jamais sû avec certitude de quoi demain aurait été fait. Milan, de son côté, est un bandit pas vraiment méchant, désabusé et fatiguer d' aligner les coups parfois foireux et sans envergure, et qui ne souhaite, au final, qu' une chose: pouvoir se ranger, de manière définitive. Manesquier n' a, au fond, rêvé presque toute sa vie que d' aventures, tandis que Milan, lui, se rêvait que menant une vie calme et rangée... Si il n' a pas eu, sur ce plan, la carrière de Patrick Bruel, Johnny, en plus d' être très bon chanteur, s' est aussi, souvent, se montrer bon acteur. C' est le cas ici. Leconte a très bien su jouer de l' opposition physique de ses personnages, et aussi sur leur psychologie (Ainsi, Mailan qui ne s' exprime presque que par phrases courtes et brèves, presque en murmurant. Et Manesquier, qui, lui, s' exprime souvent en déclinant des citations ou par de longues tiriades). Comme c' est souvent le cas, c' est justement parce que Johnny et Rochefort étant - de prime abord, en tout cas - l' antithèse l' un de l' autre qu' ils se complètent et que le duo qu' ils forment fonctionne si bien... Si, à la fin du film, Leconte se laisse un peu trop aller à la facilité et verse quelque peu dans le cliché, encore que les scènes du braquage de la banque, de la mort de Milan abattu par la police, et du décès de Manesquier sur la table d' opération - passant tous deux de vie à trépas exactement au même instant - forment, dans l' ensemble, un dénouement assez classique mais réussi, et qui s' intègre plutôt bien au reste du film. On peut juste reprocher à Leconte de s' être laissé un peu trop débordé par le coté "psychologique" de l' histoire, alors qu' il aurait peut-être fallut, à certains moments en tout cas, privilégié plus le ton "doux-amer" de ce qui reste plus une - très bonne - comédie dramatique. Pour ce qui est du côté psychologique de ses histoires et de ses personnages, Leconte les a mieux maîtrisés dans son film suivant, "Confidences trop intimes".

Publié le 22 septembre 2006
Un détective, Jack Palmer, est chargé par un - pseudo - notaire de partir en Corse pour retrouver la trace d' un prétendu gagnant du lotto. En réalité, ce gagnant en question, Ange Leoni, est l' un des grans manitous des mouvements indépendantistes corses. Et le gouvernement français tient à lui mettre le grappin dessus car il lui a subtilisé une importante somme d' argent qui devait servir à conclure une trêve avec les indépendantistes qui secouent un peu trop, au goût de Paris, la tranquilité de l' île de beauté... Le duo formé par Jean Reno et Christian Clavier avaient si bien fonctionner dans la trilogie des "Visiteurs" qu' on a décidé de les réunir à nouveau. Inutile de dire qu' on en est, bien entendu, ravi ! Après Jean-Marie Poiré, c' est à Alain Berberian qu' a échut l' honneur de réunir, pour la quatrième fois, nos deux compères, dans une nouvelle aventure rocambolesque mais hilarante et plaisante à souhait. Déja réalisateur du célèbre "La cité de la peur" avec Alain Chabat, Alain Berberian s' est donc y faire dans le genre de la comédie burlesque. On peut même dire que c' est l' une de ses spécialités. Il nous offre donc, tout comme à ses deux héros, une comédie mitonée aux petits oignons, où l' action et l' humour font bon ménage. Le film joue, avec une certaine réussite, sur les clichés que la plupart des Français du continent où sur les coutumes et le tempérament corses (réputés, à juste titre pour être chatouilleux et très susceptibles sur certains points), ceci pour créer des situations comiques (l' arrivée de Palmer en Corse et ces tribulations lorsqu' il part à la recherche de Leoni). Et cela fonctionne à merveille. Clavier, en détective sûr de lui qui débarque en Corse et qui se croit tombé comme en pleine jungle et Reno en maquisard au caractère bien trempé et à l' humour qui l' est tout autant, sont tous deux parfaits dans la peau de leur personnage - du cousu main pour eux. Trépidante, menée tambour battant, et sans presque aucun temps mort, "L' enquête corse" est un petit chef d' oeuvre dans le genre, qui ravira au plus haut point tous les fans de Jean Reno et de Christian Clavier. "Corsée" et comique à souhait !

Publié le 20 septembre 2006
Dans la France de cette seconde moitié du XVIIIème siècle, où l' ancien régime vit, sans bien sûr le savoir, ces derniers jours, on peut être noble et, pourtant, être sans argent. L' un de ceux-ci monte à Versailles en espérant obtenir les sommes nécessaires à l' assèchement des marais qui se trouvent sur ses terres et qui sont, depuis longtemps, source de graves maladies et épidémies dont est victime la population locale... Mais, arrivé à la Cour du Roi, il y découvre un monde qui vise complètement en vase clot, où l' égoïsme, la cupidité, le favoritisme ont été élevés au rang de vertues, et même de dogmes. Un monde où les nobles de tous les niveaux et de tous les horizons accumulent les dettes de jeux, dépensent sans compter en orgies et bals somptueux, en maîtresses, robes et bijoux, et pour s' attirer les bonnes grâces des proches du roi et des membres de la famille royale. Où tout est basé et fonctionne uniquement pour et par les apparences et la faste... Bref, un monde où tous ceux qui ont à la chance d' y vivre semble vivre sur un nuage, mais qui marche, lentement mais sûrement, vers l' abîme... A la cour, apprend au gentilhomme un vieil homme connaissant par coeur les codes et le fonctionnement du système de la Cour, le ridicule tue. Et, pour parvenir à se faire entendre, il faut savoir dire les bons mots au bon moment, savoir flatter, plus et mieux que les autres... Ce à quoi le gentilhomme se refuse, ses principes étant aux antipodes de ceux de la Cour (Si tant est que ses membres en aient. Ce qui, on le voit à maintes reprises, cela ne semble pas être du tout le cas !)... On comprend que Leconte ait ainsi intitulé son film "Ridicule", tant les faux-semblants et les basses intrigues qui règnent à Versailles révulse et finissent par nous dégoûter... Au vu de ce spectacle, à la fois magnifique (par les décors et les costumes) mais aussi dure et sans concession, il est assez facile de comprendre pourquoi la révolution de 1789 a éclatée !... Dans ce monde appelé à bientôt disparaître, le jeune noble interprêté par Charles Berling fait figure de saint au millieu d' innombrables damnés, d' ange parmis les pêcheurs, de brebis au millieu des loups. Et Jean Rochefort, lui, est, en plus du mentor du jeune noble provinciaux, le témoin, muet mais néanmoins parfaitement lucide, d' un monde qu' il sait condamné d' avance à passer sur devant le tribunal et l' échafaux, non seulement des hommes, mais aussi de Dieu et de l' Histoire... Tous trois nous montre, au travers de ce film, la chronique de la déchéance programmée de la monarchie absolue... Quand Louis XV disait, peu de temps avant sa mort "après moi, le déluge !", il ne savait sans-doute pas à quel point il avait raison !... Rarement on aura fait aussi bien dans le réalisme du rendu des moeurs et de l' envers du décor. Un chef-d' oeuvre, aussi bien dans la filmographie de Patrice Leconte, que dans le genre du film d' époque... Du grand art !

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