sentinelle
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Publié le 16 février 2014
Une leçon de piano interrompue par un cri déchirant : une femme vient de se faire assassiner par son amant dans le café voisin. Un meurtre qui va bouleverser Anne Desbarèdes (Jeanne Moreau), une mère qui reporte tout sa tendresse sur son enfant de huit ans et l'épouse délaissée d'un riche industriel bordelais. Chaque jour, elle revient irrésistiblement sur les lieux du drame, comme aimantée par ce fait divers. Encouragée par l'envie d'en savoir plus sur ce crime passionnel, elle pousse la porte du bar pour commander une boisson tout en interrogeant la tenancière sur l’enquête en cours. Un homme, Chauvin (Jean-Paul Belmondo), ancien employé du directeur, s'y trouve également. Une étrange relation va s'établir entre eux, faite de non-dits, de fascinations réciproques, les amenant peu à peu, comme par une sorte de mimétisme, à rejouer à leur manière le drame dont ils ont été témoins.
Le désir d’une passion qui libèrerait des entraves et de l’enfermement, porteur d’espoir, d’abandon et de félicité. Un accomplissement et une délivrance qui n’arriveront jamais. Le désir dévorant, les pulsions érotiques et suicidaires, une soif inextinguible que la consommation d’alcool n’apaisera pas.
Scénario adapté par Marguerite Duras et Gérard Jarlot, le film réalisé par Peter Brook (célèbre metteur en scène de théâtre) gagne en clarté par rapport au roman éponyme, plus elliptique et implicite. Si les dialogues sont fidèlement respectés, donnant à l’ensemble une certaine théâtralité, le scénario présente quelques variations, dont la fin qui diffère sensiblement. Dépassant l’espace confiné du roman, Peter Brook apporte une douce mélancolie dans les paysages filmés et autres décors extérieurs : une maison désaffectée, l'usine, la traversée de l’estuaire en bac, la mer, la majesté et la beauté des arbres, témoins silencieux des rencontres de la femme du directeur et de son ancien employé dans une ville de province morne et ennuyeuse. Les décors intérieurs font penser quant à eux à certaines natures mortes. Et une jolie sonatine de Diabelli en ritournelle.
Un film qui ne manque pas de charme et bien plus accessible que le roman.
Publié le 16 février 2014
Portrait de famille d’une mère abusive et possessive, portrait d’une bourgeoisie qui a les moyens de se placer au dessus des lois et portrait enfin d'une société roumaine corrompue. Si les portraits sont intéressants et complexes, la façon de filmer - caméra à l’ épaule - est assez désagréable. Beaucoup de dialogues mais bien peu d’émotions tout au long du film, le spectateur restant comme « en-dehors », si on oublie la dernière partie, plus cathartique. Encore que, tant le spectateur se questionne malgré tout sur la sincérité de cette mère opportuniste et manipulatrice. Pleure-t-elle sur elle-même, sur son fils qui veut s'éloigner d'elle, sur le décès de l'enfant dont il est responsable ? Soulignons à ce propos l’interprétation remarquable de l’actrice Luminita Gheorghiu, qui porte entièrement le film sur ses épaules.
Sans beaucoup de moyens financiers, "Mère et Fils" offre un film froid et aride. Il ne cherche visiblement pas à séduire son public de quelque manière que ce soit mais demeure subtil dans le propos.
Publié le 16 février 2014
Hymne à l’amour et à la différence, honneur aux laissés-pour-compte et autres monstres, saltimbanques et abîmés de la vie, hommage enfin au cinéma, et plus particulièrement à ses débuts. Car si la référence à Tim Burton revient fréquemment (visages imposants sur des petits corps graciles), ce sont avant tout des réalisateurs comme Tod Browning (Freaks et sa monstrueuse parade) ou Fritz Lang (la représentation de la ville d’Edimbourg doit beaucoup à l’expressionnisme allemand du cabinet d’un certain docteur Caligari) auxquels on pense. Sans oublier l’un des premiers créateurs de trucages du cinéma en France, le grand Georges Méliès lui-même, qui est tout simplement un des personnages principaux de cette animation.
Alors que dire sur cette fameuse animation ? Les images sont très belles, les personnages sont magnifiques (travail avec l’illustratrice Nicoletta Ceccoli) , les décors superbes (tant on aimerait d’ailleurs faire un arrêt image pour mieux s’en délecter et contempler les petits détails qui nous échappent), le recours aux technologies plus artisanales comme les pop-up et les origamis lors du voyage aller-retour Edimbourg-Andalousie en train sont d’une grande poésie (au point où on regrette leur utilisation trop peu fréquente) et une séquence d’un train fantôme endiablée est du meilleur effet. Et pourtant il manque véritablement un petit quelque chose pour être totalement transporté. Un peu d’audace, de chemins de traverses et autres folies ? Je pense que le choix de se baser quasi exclusivement sur l’animation en 3D par ordinateur, offrant une expressivité très limitée aux personnages, y est malheureusement pour beaucoup dans ce goût de trop peu.
Un film d’animation romantique d’une grande mélancolie, sympathique mais un peu convenu.
Publié le 3 février 2014
La première partie du film, l’approche et l’attaque des pirates, est tout simplement époustouflante : suspense, tension, bravoure, réalisme dans les prises de vue et puissance des images. Cette attaque d'un cargo de marchandises en pleine mer par une poignée de pirates somaliens semble d'une témérité folle, même si les pirates sont armés, contrairement au personnel de bord. Il y a quand même quelque chose de l'ordre du petit poucet somalien (armé jusqu'au dents) dans sa petite (mais rapide) embarcation à moteur contre l’ogre américain dans sa forteresse navale visiblement pas si imprenable .
Mais la deuxième partie, la prise d’otage du capitaine, m’a parue moins intéressante, tant nous y retrouvons plus volontiers tous les ingrédients classiques du genre, clichés y compris. La représentation des pirates est quant à elle malheureusement de plus en plus caricaturale au fur et à mesure de l’avancée du film, avec l’impression de se retrouver avec les gentils et courageux américains d'un côté contre les méchants et cruels somaliens de l'autre. Certes, ce ne sont pas des enfants de cœur et ils ne sont pas excusables mais j’aurais aimé mieux comprendre le contexte dans lequel ces actes de pirateries se font jour (pauvreté du village dans un pays proche de la guerre civile, appartenance à des clans rivaux, anciens pêcheurs devenus de petits exécutants pour de plus gros poissons…), même si c’est vaguement ébauché au début du film.
Un film à grand spectacle qui a plus que du panache dans son premier tiers mais qui reste dans la simplification du genre en final. Efficace mais perdant progressivement de sa force et de son originalité tant il peine à nous tenir en haleine sur la durée. Soulignons néanmoins l’interprétation toute en finesse de Tom Hanks (les dernières scènes sont particulièrement émouvantes) et la découverte du comédien somalien Barkhad Abdi, qui possède indéniablement une présence et qui arrive à exprimer pas mal de choses dans ses silences lourd de sens. Il sera d'ailleurs nommé à l'Oscar du meilleur second rôle masculin en 2014.
Publié le 3 février 2014
Un très beau sujet sur le papier : le travail de deuil d’un couple et une promesse d’un voyage cathartique en Turquie hors des sentiers battus. Si ce n’est que Bart Van den Bempt, qui réalise ici son premier long métrage, veut visiblement à tout prix nous prouver à quel point il a des idées et du style dans sa façon de filmer : le couple est souvent représenté de dos ou à contre-jour, beaucoup de prises de vue sont faites à travers la vitrine d’un restaurant, la fenêtre d’une chambre d’hôtel ou le pare-brise d’un véhicule (sans omettre l’utilisation parfois abusive de leurs propriétés réfléchissantes), des motifs récurrents assez inutiles apparaissent tout au long du film et la vision floue d’un monde qui a perdu de sa consistance quand on est à ce point replié sur soi-même.
Le processus du deuil qui nous éloigne de nous-même et de l’espace dans lequel nous vivons et que nous ne voyons plus que derrière une sorte de voile, comme s’il n’y avait plus de prise directe à notre environnement, était en soi une perspective intéressante. Mais les effets trop appuyés ("ils ne sont plus que le reflet d’eux-mêmes, comme enfermés dans leur tristesse") et la stylisation à outrance finit par étouffer le propos du film au lieu de le soutenir tant le spectateur reste également à distance des protagonistes ; à force de jouer avec les reflets et autres vitrages, c’est une sorte de miroir sans tain qui nous en sépare.
Reste quelques belles images, comme la cérémonie des derviches tourneurs et la visite d’une église en ruine au milieu de nulle part, le cadrage serré sur une étoffe et le mouvement souple d'un manteau qui accompagne la montée d'un escalier, de magnifiques paysages d'hiver qui valent le détour, sans oublier la rencontre d’un peuple par petites touches subtiles et délicates, tant la langue constitue une barrière souvent infranchissable. Et un final enfin émouvant.
Un premier film un peu trop affecté mais un réalisateur prometteur quand il n'aura plus rien à prouver, pour se donner entièrement au service de son film et non de son savoir-faire.
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