pekka

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Publié le 25 mars 2008
J'ai rarement ressenti autant de perplexité après la vision d'un film!... Après une nuit de sommeil (qui porte conseil, comme chacun sait...), je propose mon explication personnelle de celui-ci. Le film se déploie quasi-totalement dans la majestuosité primale d'un décor naturel dépouillé et rude et d'une architecture hautement symbolique, la lente solennité des regards et paroles échangés, la profondeur parabolique, le biblique, le 'forcément' sublime sur les plans plastique et esthétique,... pour mieux nous conter un malentendu d'autant plus ridicule qu'il s'inscrit dans cette forme pompeuse et qu'il a des conséquences tragiques. A mon sens, ce film profondément nihiliste (et donc ontologiquement russe) dénonce férocement la terrible bêtise du mâle, et donc d'une société patriarcale où les hommes taiseux, fiers, dignes et drapés dans leur sens de l'honneur et leur endurance à la douleur oublient l'essentiel, le partage de l'amour, que le cinéaste expose dans les dernières scènes lors du flashback entre l'épouse et le frère Robert (qui échappe à la dénonciation, car sans doute homosexuel (?), en tout cas sans épouse et féminisé dans son écoute et son attention aux non-dits; et comme le jeune facteur, assez féminisé aussi dans ses regards mouillés et ses sourires soumis). Si cette interprétation est exacte (tirée en partie du titre surprenant du livre ayant inspiré le film: 'Matière à rire'!...), alors ce film est un exemple selon moi assez inédit de hiatus parfait entre une forme archaïque et solennelle et un fond ricanant et nihiliste. Et alors ce film serait d'une modernité étonnante que son lent déroulement d'une autre époque, mythologique, n'annonce nullement... Un véritable sujet de débats passionnés! Ceci dit, pour l'anecdote, je me suis pris pendant la vision du film d'une violente antipathie épidermique pour l'acteur Konstantin Lavronenko (ou est-ce Aleksander, son personnage?) dont la bouche molle dans un visage figé et vide, et les poses hiératiques d'un jeune Yves Montand renfermé, m'ont fort irrité! Je ne lui aurais personnellement jamais attribué une palme d'or de l'interprétation... Décidément, le jury de Cannes 2007 et moi!... Cote valsant entre 4 et 8, c'est selon.

Publié le 24 mars 2008
Attention, chef d'oeuvre! Les frères Coen signent ici leur film le plus épuré et le plus maîtrisé. Et d'un récit trompeusement thriller haletant et apocalyptique, ils créent une oeuvre d'art méditative et nostalgique. A l'image de l'agonie d'un jeune policier imprudent dont la gomme des semelles crée sur le balatom un dessin qui rappelle une toile de Pollock, ou du sang sur le sable du désert que laisse un pit-bull blessé et claudicant (ah, l'extraordinaire image du regard jeté par le chien par-dessus son épaule, qui repart ensuite vers sa mort solitaire) évoquant un tableau de Tapiès, 'No Country for Old Men' s'affranchit de tous les codes du genre américain (Western, Thriller, Film Noir,...) pour laisser flotter à la fin un rêve désenchanté et absurde. Evoquant plus 'The Barber' que 'Fargo', ce film-ci est une authentique tragédie grecque, marquée plus par une ironie qui renforce son extraordinaire tension, que par une forme d'humour personnel qui jouait le contrepoint dans leurs films précédents. Ainsi, le gars simple mais viril et malin, plein de bravoure et de ressources, verra-t-il son 'Hubris' de vouloir garder le pactole sanglant du trafic de stups, pourchassée par une 'Némésis' incarnée par un archange de l'Apocalypse emperruqué et très 'goyesque' (fabuleux Javier Bardem). Commence alors le compte à rebours des survivants... Qui se finit par une méditation philosophique d'un homme sans descendance, mais qui parle du passé avec son oncle et rêve de son père... Les Vieux Hommes n'ont plus de Patrie!... Marqué par l'Absurde, ce film voit le style d'une rigueur formelle totale des frères Coen porté ici à des hauteurs stratosphériques. Et la Justice immanente sera impuissante à paralyser le Mal, auquel la Jeunesse viendra en secours!

Publié le 20 mars 2008
Pour ma part, je suis plutôt de l'avis de F. Denis: le Grand N'importe Quoi! Ici, les ficelles sont grosses comme des maisons, la magie et l'humour sont aussi légers que des briques, les effets spéciaux aussi laids et informes que des smoutebollen pour gobelins, et les acteurs aussi dégoulinants de mièvrerie que des crackers au miel (beurk!). On en ressort littéralement noyés sous les clichés, et même irrités par un tel gâchis. A réserver aux gamins boutonneux, et encore, uniquement s'ils ne sont pas trop délicats...

Publié le 19 mars 2008
Tout à fait d'accord avec Fritzlangueur et Marylyn, et le commentaire du critique professionnel: un très joli petit film, très bien joué (merveilleuse petite fille qui ne parle qu'avec les yeux), avec une réelle identité visuelle faite de poésie surréaliste et de légèreté vibrante, sans que l'on ne voie les ficelles de fabrication et que l'on ne soit pris en otages. Bravo! Pour celles et ceux que toucheront des petits riens qui savent nous dire beaucoup.

Publié le 2 mars 2008
Alléché par la bande-annonce, fort drôle, et les critiques élogieuses, je me suis précipité pour voir ce film. Il est en effet trop rare de pouvoir rire de bon coeur, et, vu mes racines franco-belges et flamando-hennuyères, le patois picard et l'accent ch'ti me sont chers! Hélas, trois fois hélas, si le film est effectivement bien sympathique, jamais trop lourd ni trop vulgaire, il faut bien dire que ça ne casse vraiment pas trois pattes à un canard... Mais alors, vraiment pas! J'avoue même n'avoir que très peu ri, et en tout cas bien moins que lors de la vision (pour les plus récents) de 'Juno', de '2 Jours à Paris' ou des 'Vacances de Mr Bean'. Ou encore, si l'on doit retourner plus loin en arrière dans la comédie française, à la vision des duos Poiret-Serrault, Bourvil-de Funès, et des meilleures élucubrations du Splendid. Sans parler des sommets monty-pythonesques ou des hilarantes aberrations parodiques, telles que 'Galaxy Quest' (qui a vu ce petit bijou d'humour absurde? Louez-le!) Certes, on ne doit pas toujours comparer aux meilleures comédies du passé révolu, mais quand la critique s'emballe à ce point, il faut retrouver ses repères! Au crédit du film, quand même: les figurations de Bergues (très jolie petite ville fortifiée de la Flandre française, vraisemblablement choisie par D. Boon pour son nom - 'Berk' - et non pour son adéquation au propos du film), du carillon, de l'un des postiers (celui avec des gros yeux qui frisent) et des habitants desservis par la tournée "pour apprendre à dire 'non'". Allez donc le voir quand même, mais n'en faites pas un maroilles!...

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