pekka

pekka
  • Membre depuis le 18/04/2007
  • Nombre de critiques : 406

Utilisateurs qui me suivent de l'utilisateur pekka

Utilisateurs suivis de l'utilisateur pekka

Publié le 6 février 2008
Quel beau film que celui-ci! Il est vrai sans doute que tout le monde ne trouvera pas le chemin pour y accéder... car Youth without Youth ne se laisse pas facilement enfermer dans une catégorie. Très romanesque, voire baroque, cette variation sur le mythe de Prométhée, qui est aussi une réflexion sur notre civilisation à travers des thèmes nietzschéens, est surtout l'histoire d'un homme qui ne laisse pas entrer l'amour dans sa vie, ni la vie dans son ambition intellectuelle personnelle. Magnifiquement interprété (fabuleux et trop rare - quoique double - Tim Roth, vibrante et lumineuse Alexandra Maria Lara, Bruno Ganz témoin humaniste et émouvant, luxueux figurant Matt Damon, seconds rôles parfaits), filmé avec une maestria sublime et sans démonstration ni auto-satisfaction (quels éclairages!, les angles de prise de vue toujours idéaux, un onirisme sans facilités), le film éblouit encore par de subtiles allusions artistiques: à la modernité au début (la gare de Bucarest, un foudroiement évocateur de Bill Viola, des expériences nazies science-fictionnesques), et, tandis que le personnage accède à des langues de plus en plus archaïques, un hommage à l'âge d'or du cinéma muet hollywoodien, et aux effets poétiques du cinéma de Méliès. Une perle!

Publié le 6 février 2008
Une excellente surprise dans le genre, Cloverfield, sorte de mix en caméscope de Godzilla-Alien-Blair Witch Project, m'apparaît heureusement dégraissé des grosses lourdeurs habituelles (l'humour-béton, le sur-jeu, le tire-larmes, l'héroïsme patriotique ou le patriotisme héroïque, et j'en passe!), pour se limiter à nous plonger à notre niveau réel, celui de fourmis prises entre les feux croisés de la barbarie monstrueuse et de la logique économico-guerrière déshumanisée. Que restera-t-il de nos gadgets technico-narcissiques, de nos relations Facebook, de notre mémoire YouTube, lorsque l'Apocalypse (le 11 septembre ultime) surviendra? Rien, ou rien que cela. Voilà, à mon sens le véritable thème de ce film, plus radical à cet égard que l'excellent The Host. Habile!

Publié le 6 février 2008
Vu en avant-première au ciné-club montois (à l'instar de '7h58, ce samedi-là' et de 'Sweeney Todd'), ce film m'a laissé une impression mitigée: je l'ai tout d'abord trouvé bien meilleur (que le pleurnicheur et lelouchien 'Crash', qui m'avait profondément déplu par son avalanche de clichés et son absence de recul), prenant par son suspense, généreux dans son plaidoyer pour une autre société ré-humanisée et emplie d'attention à l'autre, empreint d'une certaine dignité. Mais, après réflexion, il faut bien constater décidément que les clichés collent aux basques d'Haggis (les personnages caricaturaux, la dénonciation facile, le sentimentalisme un peu niais,...). Il faudrait vraiment s'appeler Eastwood pour faire passer tout ça avec panache et une véritable émotion!...

Publié le 22 janvier 2008
Revu ce merveilleux film un mois plus tard, et la magie et l'émotion opèrent toujours, malgré de piètres conditions techniques (1ère projection, ce 21.01, dans le cadre de 'Ciné Classic 21' à Mons, image partiellement mais réellement floue, sonorisation indigne parasitée par le micro de présentation des organisateurs -?-). Une deuxième vision permet de mieux percevoir encore les qualités du film: son interprétation sans failles (fiévreuse, incandescente et inouïe Cate Blanchett, étonnant et touchant interprète que Marcus Carl Franklin, Christian Bale intense et fabuleux chanteur aussi - dans la scène de la communauté religieuse protestante -, émouvant Richard Gere naturel dans les scènes les plus oniriques, le couple Heath Ledger - Charlotte Gainsbourg offre deux scènes d'amour physique aussi vibrantes que radicalement opposées, et toute la palette des sentiments authentiques quoique trahis), sa mise en images subtile et poétique, sa réflexion profonde et l'ampleur de son propos. Parfois, certaines scènes sont tellement fortes (entre Jude/Judas et Mr Jones, p. ex.) que ce qui suit déconcerte par sa labilité esthétique et de ton, mais l'enjeu artistique puissant reprend très vite ses droits. Un des films les plus novateurs de ces dernières années. A voir et re-re-voir!

Publié le 22 janvier 2008
Rarement, un film possède une telle charge symbolique. Cette histoire de bergers d'une apparente simplicité biblique traite, sous couvert d'une authentique parabole (permettant d'échapper à la censure), de l'avenir de tout un peuple, de sa survie, de la fidélité à sa vérité culturelle et à ses engagements à l'égard de lui-même sous la domination économique chinoise. Certes, la forme en est simple, sinon épurée de quelques scories 'couchers de soleil', mais juste par l'usage de leitmotivs tirés des gestes symboliques premiers (nourrir et abreuver les animaux, au prix d'efforts rendus excessifs par l'incapacité de se doter d'un accès propre aux sources d'approvisionnement essentiel, la générosité de l'accueil et du partage, l'inquiétude et la méfiance quant au prix des avantages offerts ou reçus, ...). Le paravent du récit est à la fois magnifié et rendu transparent par la présence d'acteurs amateurs portant leurs propres noms, véritables blocs d'innocence et de silence sur leur vécu. Un propos sans idéalisme ni naïveté, sans espoir opiacé sur des lendemains qui chantent! A voir.

Suivez Cinebel