pekka
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Publié le 14 janvier 2009
Félicitations à Ari Folman, qui vient de recevoir le Golden Globe du meilleur film étranger. Son film ne manque que de très peu la perfection, en raison, selon moi, d'une fin artistiquement un peu bâclée pour amener le spectateur au nécessaire retour à la réalité. Mais la réussite des 4/5èmes du film est tellement éclatante. Si vous ne l'avez pas encore vu, courez!
Publié le 14 janvier 2009
Bonjour, Yann. Ravi de lire à nouveau tes commentaires, toujours pertinents.
Je ne partage toutefois pas tes réserves sur le plan du scénario. Certes, aujourd'hui, le cinéma est essentiellement un "spectacle" qu'il est opportun de maximiser, en multipliant les péripéties, les effets, les outrances ou les accroches. 'Two Lovers', tourné en quelques semaines à peine et réalisé dans l'urgence, n'est cependant pas sacrifié sur l'autel de la superficialité. Inspiré d'un texte de Dostoïevski, et transposé dans le milieu particulier que connaît James Gray, il se place à différents niveaux de lecture, en prenant comme point de départ des évènements somme toute assez rebattus vécus par des gens moyens, sinon ordinaires. Mais, à l'instar de Proust développant un "simple" baiser à Albertine sur des dizaines, voire une centaine, de pages, James Gray en fait une représentation de la condition humaine, de ses faiblesses, de ses errements et de sa faculté de repartir à zéro, et atteint ainsi à l'universel. Le factuel n'a donc qu'une importance très relative. Tout le monde n'est bien entendu pas contraint d'apprécier le ton particulier adopté par James Gray, mais il n'est pas conforme à la réalité de dire que 'Two Lovers' est insignifiant. Loin de là.
Publié le 6 janvier 2009
Un tout grand film, assurément, même si le propos paraît de prime abord sentimental et léger, et que le cinéma paradoxalement libre de tout stéréotypes, et cependant profondément référentiel et enraciné de James Gray n'est pas destiné a priori au "grand public". Marqué par une séquence d'ouverture déchirante, qui nous rappelle à la fois que le propos est centré sur un homme qui se noie au propre comme au figuré, et aussi que l'élément aquatique en tant que métaphore du féminin est tout ensemble engloutissement et porteur de survie/remise à flot pour lui. Cet homme jeune a échoué dans son projet de voguer sa propre vie d'adulte, rejeté par sa fiancée pour une tare génétique. Retour au port d'attache. Atteint par un trouble bipolaire (il est maniaco-dépressif), cause et/ou conséquence de ce trauma affectif qu'il vient de vivre, englué dans la sollicitude de ses parents de la moyenne bourgeoisie juive de Coney Island (magnifique mère ambigüe d'Isabella Rossellini), Léonard, tel un goéland blessé (extraordinaire Joaquin Phenix, balloté, chaloupant, hébété), se raccroche aux deux jeunes femmes qu'il rencontre (l'une présentée au moyen d'une manigance de ses parents, l'autre rencontrée par hasard dans la cage (...) d'escaliers) comme à des bouées. Mais ce réflexe vital, cette nécessité absolue l'engage dans des tourbillons qu'il ne maîtrise plus... Le film dégage une tension incroyable, car on s'attend à la tempête inéluctable que promet de générer Léonard, telle la nitroglycérine trop secouée. Truffé de scènes d'anthologie et de références cinématographiques, comme toujours chez Gray, mais aussi littéraires, 'Two Lovers' est un des meilleurs films de 2008, ni plus ni moins.
Publié le 2 janvier 2009
A mon sens, ce film est destiné à un public d'enfants et non d'adultes. D'où, la place quasi-centrale réservée au personnage de l'enfant orphelin, placé sous la garde de sa belle-mère (Jennifer Connelly et ses jolis yeux de louve). La relation de l'enfant à l'égard de celle-ci, du monde des adultes (dont l'archétype pourrait être indirectement Kathy Bates en rombière choucroutée et emperlousée, secrétaire d'état à la Défense, partagée entre son sens des obligations/responsabilités et sa lucidité bougonne), et enfin de l'extraterrestre est d'ailleurs un des moteurs du récit. Dommage alors que l'acteur-enfant soit particulièrement crispant, et que le scénario soit du pipeau du début à la fin, à peu près aussi fin que du papier à cigarettes. Eminemment dispensable. Reste le cas de Klaatu Reeves dans le rôle de Keanu (mais si! mais si!), si transparent et inexpressif que c'en est presque génial: veut-il être le premier acteur capable de jouer plus lisse qu'un personnage dessiné par ordinateur? Capable de donner plus d'épaisseur à son cocon de graisse de baleine qu'à son épiderme botoxé? Capable de donner une triple dimension (extraterrestre, aquaterrestre - son regard de limande -, roboterrestrique) au néant de l'interprétation? Il y a là matière à une thèse complète dans les Cahiers du Cinéma!... Au moins. ;-)
Publié le 31 décembre 2008
D'accord, cher Jean-François, mais ce que j'ai voulu dire - en ne m'exprimant pas clairement, certes - c'est que certaines schématisations ou certains clichés, s'ils passent sans difficultés majeures en BD, qui n'est pas par essence un mode d'expression réaliste, mais au contraire avec un fond archétypal, ceux-ci ne passent plus du tout au cinéma, si l'histoire est sensée se dérouler dans notre monde réel en tout cas! Ma critique négative s'adresse donc uniquement à cette adaptation cinématographique, qui rate la transposition, en ne choisissant pas soit un travail de réalisme plus poussé, notamment en supprimant les aspects archétypaux de la BD, soit un travail de stylisation plus poussé. Votre cote confirme par ailleurs que vous avez aussi jugé ce film divertissant, mais médiocre. Nous parlons en effet ici cinéma, et non télé ni BD.
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