pekka

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Publié le 26 novembre 2009
'Un Prophète' est un fort bon film, mais aurait malgré tout pu être encore meilleur!... Quelque part, je retrouve la même frustration que pour 'Welcome' de Lioret: un jeune acteur fabuleux (Tahar Rahim, ici, Firat Ayverdi, là), digne d'incarner un nouvel archétype cinématographique, une illustration saississante de vérité d'un contexte pourtant susceptible d'être rabâché (la prison, ici, la jungle de Calais, là), un véritable enjeu humain suscitant une tension psychologique étreignante, MAIS des emphases de scénario inutiles et invraisemblables (devenir un super-caïd, ici, la parabole de la bague, là), des niaiseries sentimentales (l'abandon du vieux caïd ou le cancer du meilleur pote, ici, le divorce douloureux, là) et une impossibilité de renouveler vraiment à fond l'image d'acteurs franco-français trop connus (Arestrup, ici, Lindon, là). C'est comme si Audiard, ici, Lioret, là, n'avaient pas pu ou voulu croire totalement à leurs films pour en faire les chefs-d'oeuvres qu'ils pouvaient ambitionner d'être! De l'audace, encore plus d'audace, et de foi en votre talent, SVP, messieurs!

Publié le 25 novembre 2009
J'ai déjà vu ce petit bijou en 3D (à conseiller) en août en France, et s'il est vrai que la seconde partie ne révolutionne pas le genre, il est truffé de gags fort amusants et délivre un message humaniste. Et puis, la première partie est une merveille de sensibilité et de vérité, malgré sa brièveté et sa légèreté de traitement! Presque un haïku sur la vie, l'amour, la mort...

Publié le 25 novembre 2009
Sur quelques thèmes de qualité (la reconnaissance méritée d'authentiques artistes humiliés pour des raisons politiques; la force de la musique comme ciment de la communauté humaine malgré les différences physiques, culturelles, religieuses,...; le renouvellement de la perception d'une oeuvre musicale grâce à la profondeur et l'audace d'une interprétation par de très grands artistes;...), R. Mihaileanu nous sert un bien piètre brouet, seulement rehaussé de l'interprétation d'Aleksei Guskov et de beaux extraits de Mozart, Mahler et Tchaikovsky. Réalisé sans aucun style, davantage un téléfilm brouillon qu'un véritable film d'ailleurs, abusant de "gros plans visage" à la Derrick, sur un scénario initialement piquant, et bourré d'invraisemblances et de clichés à l'arrivée, tombant trop souvent dans la caricature, quelquefois même malodorante (les apparatchiks arrogants, les mafieux mégalomanes et dispendieux, les tziganes margoulins, les juifs âpres au gain, les russes vulgaires et ivrognes, les français méprisants, le critique cuirassé qui pleure... Ca fait quand même beaucoup trop!), 'Le Concert' cartonne pourtant auprès de spectateurs par ailleurs estimables. C'est à n'y rien comprendre!... Un peu de sentiment et de lyrisme mal emballé suffirait-il à faire apprécier ce sous-produit de Kusturica à la grosse (Le)louch(e)? A mon (humble) avis en tout cas, les cinéphiles s'abstiendront.

Publié le 25 novembre 2009
Film de pacotille, à l'émotion frelatée et inauthentique, 'Micmacs à tire-larigots', à l'image de son titre voudrait recréer le réalisme magico-poétique des grands du cinéma français d'hier, mais ne fait que tomber dans le gâtisme et la mièvrerie, voire même pire (le simulacre de justice puant à la fin). Les personnages sont creux et dessinés à très gros traits. Pauvres Marielle et Y. Moreau, caricaturaux et vides. Ne parlons même pas des autres personnages et acteurs. Seul Dussolier dans la scène du repas avec sa femme sauve le coup. Et D. Boon reste encore attachant. On est vraiment loin de 'Délicatessen'!!!

Publié le 18 septembre 2009
Au départ du récit d'un crime de guerre (le massacre de deux policiers palestiniens pépères) commis par l'unité d'élite d'un jeune soldat israëlien dans le cadre d'une mission de représailles pour la tuerie de six autres soldats ("oeil pour oeil..."), auquel celui-ci a non seulement activement participé avec frénésie et jubilation, mais qui, quelques années plus tard, à travers le regard de sa compagne, revient cependant tarauder sa conscience, Avi Mograbi (dé- et re-)construit savamment la perception que l'on peut en avoir, au travers des différents regards que l'on y porte (lui, d'abord, comme témoin, ensuite comme interprète, enfin comme documentariste, et pour finir comme auteur d'une création musicale (paroles et musique); mais aussi sa propre famille, le caméraman français et les spectateurs que nous sommes). La création formelle y est étourdissante et éblouissante, centrée sur la mise au point de masques (initialement pour échapper aux incontournables représailles...) qui évoluent d'une absence totale de forme à une... forme de chirurgie plastique qui est le substitut virtuel de la greffe totale du visage. Virtuose et pointue, cette variation artistique sur la progression cathartique (travail de confrontation avec la crudité/cruauté des faits, avec ce soi-même d'autrefois conditionné à les commettre, avec le regard de la personne aimée, suivi du travail de mise à distance, puis de transmutation en création artistique) étonne par sa rigueur et sa liberté badine. Choquant et troublant, très sophistiqué mais authentique, antique et très contemporain à la fois, 'Z 32' mérite amplement la vision, même si le procédé et le récit peuvent fatiguer sur la durée, et si l'émotion n'atteint pas celle générée par 'Waltz with Bashir' par exemple. 8,5 (c'est bien de l'art!)

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