pekka

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Publié le 27 janvier 2010
Tout à fait d'accord avec la critique de F. Denis, qui a su voir ce qu'il ne fallait pas rater. Voilà un conte philosophico-exégétique, sur la mort (omniprésente), paraphrasant la parabole de Job, et la solitude ou le désarroi de l'Homme abandonné de Dieu, sur lequel le Mal s'acharne, sans qu'il puisse se faire de reproches, et sans que Hashem ne lève le petit doigt, incarné par un vieux rabbin indifférent, somnolent et omniscient! Le récit est totalement psychédélique dans tous les sens du terme, rythmé par le 'Jefferson Airplane', Jimi Hendrix et de nostalgiques mélodies yiddish; la photographie est superlative; l'interprétation étincelante; les digressions diverses truculentes et absurdes; le propos joliment hermétique et sans doute très intime pour les deux frères barjots (la scène de la Bar Mitzvah de Danny est criante d'authenticité!). Un pur régal, à voir et à revoir! 9,5.

Publié le 25 janvier 2010
Une histoire rebattue ou prévisible peut parfois faire un très bon film ('Avatar'), et vice versa: 'Invictus' (après le sanscrit, un peu de latin ne fera pas de mal) raconte la "politique du meilleur" de Mandela, lorsqu'il accède à la présidence de l'Afrique du Sud en 1994. Grandeur d'âme, magnanimité, humanité, réconciliation sont les maîtres mots de celui qui avait reçu le Nobel de la Paix avec De Klerk l'année précédente, 3 ans après sa libération du bagne. Ces quelques belles et si grandes valeurs sont superbement interprétées par Morgan Freeman, qui y prend manifestement beaucoup de plaisir! Hélas pour nous, Mandela a eu l'idée de concrétiser son objectif de réconciliation nationale à travers la victoire de l'équipe des Springbocks lors de la Coupe du monde de rugby de 1995. Le problème ne gît pas dans le rugby, qui est un sport noble, mais dans l'incapacité d'Eastwood de le filmer avec style! Peut-être ne s'y intéresse-t-il pas, et a-t-il confié la caméra à un second couteau? En tout cas, après des scènes humainement très nobles et émouvantes, le suspense de la Coupe ne tient pas la comparaison et n'est pas digne de sa patte (regardez notamment les scènes des spectateurs regardant les rencontres, c'est très répétitif, consensuel et plat!). Un Eastwood de second choix, gâté par le dernier tiers...

Publié le 20 janvier 2010
Un "joli" film, mais pas du tout un authentique chef d'oeuvre, sous l'angle de vue cinéphilique. La faute en est à un abus d'eau de rose et de mimiques kitsch et mélodramatiques, surtout dans le chef de l'actrice interprétant l'épouse. Curieux film, en fait, alternant des scènes d'une émouvante dignité (le magnifique rituel de mise en bière des défunts, d'une délicatesse et d'une pudeur insignes; la scène du repas partagé avec le patron dans son jardin d'hiver; celles évoquant la vie du père et de la mère disparus) avec des scènes d'une cocasserie triviale, et d'autres affreusement tire-larmes (c'est ce qui a dû plaire aux votants des Oscars américains...). 7,5.

Publié le 20 janvier 2010
A moitié réussi, à moitié raté, 'Sherlock Holmes' version Guy Ritchie ne marquera pas la filmographie du plus célèbre des détectives. Ca sent bien trop l'adaptation d'une BD, avec sa part de figures grand-guignolesques et de décors façon gravures pittoresques. Reste un scénario pas trop mal imaginé dans ses rebondissements, quoiqu'un poil trop excessif ("Sherlock H. contre le Maître du Monde", pfff...), et une interprétation assez énergisante de R. Downey Jr (fort cabot, comme toujours) et Jude Law. Le plus triste des paradoxes de ce divertissement, c'est la minutie de la reconstitution du Londres de l'époque en regard de l'absence totale d'atmosphère, d'ambiance, d'épaisseur...

Publié le 6 janvier 2010
J'ai vu 'Public Enemies', personnellement raté en salles, sur le petit écran du dossier me précédant, lors d'un vol long courrier (avec 4 autres films!...). Et je n'ai pas du tout vu le temps passer! Pourquoi faudrait-il qu'un film donne toutes les explications? Dans la vie réelle, non plus, on ne vous donne pas le CV des gens que vous rencontrez, vous devez vous faire votre propre opinion au départ de quelques données, glânées ici ou là et parfois trompeuses... Blague à part, ce film de M. Mann est réellement excellent, et fait passer beaucoup de réflexions (la fin d'une ère, encore modelée par les mythes du Far-West; la disparition d'un système social permettant une parfaite "auto-nomie" au sens philosophique, et la démesure d'un destin, au profit d'une époque plus capitaliste, plus keynésienne, plus liberticide, voyant notamment la montée en puissance de J. Edgar Hoover, du FBI, des écoutes téléphoniques, de la surveillance policière, des traquenards et autres chantages), mais aussi d'émotions déchirantes vers la fin, avec une sublime mise en abyme! Et tout cela par la simple description objective des faits de la vie de Dillinger, sans violons, et sans rien oblitérer de la violence de cette biographie. Interprétation et montage superlatifs. Un régal pour les cinéphiles.

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