pekka
- Membre depuis le 18/04/2007
- Nombre de critiques : 406
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Publié le 10 septembre 2009
Décidément, tout le monde est bien susceptible ces temps-ci (pas toi, indiana, quoique...). Que devrais-je dire, puisqu'on me range d'office dans les 50 ans et plus? Hou, les vilains rassis, les vieux débris, les père-la-morale. Hou, hou. Tiens, je rappelle que Quentin a maintenant 46 ans et demi. Ouf, il est encore dans la bonne tranche pour un peu de temps! Ceci dit, l'âge (physique) n'a vraiment aucune importance: j'ai eu la chance et le bonheur, quand j'avais 18-19 ans, de bénéficier de l'amitié de Monsieur Léo Moulin, papa de Marc, qui avait à l'époque plus de 70 ans et restait incroyablement ouvert à tout (et notamment à ce qui intéressait le gamin que j'étais), mais m'a aussi joyeusement appris à dépasser les généralisations hâtives, les clivages abusifs, les idées toutes faites, et à décoder les lieux communs, la surface des choses, le pont-aux-ânes des idées reçues. Ne méprisez pas, SVP, les personnes plus âgées. Vous vous priveriez d'occasions de progrès personnel. Et surtout, ne vous privez pas de traverser le miroir de l'apparence. Analysez vos propres sentiments à l'égard d'une oeuvre: pourquoi vous plaît-elle/déplaît-elle? A vous, au fond de vous! Ne projetez pas sur les autres des motivations caricaturales (l'âge, la morale, l'absence d'humour,...). Surtout, ne faites pas le mouton, ne hurlez pas avec la meute! Et si vous voulez les motifs précis, détaillés, pour lesquels je considère 'Inglorious Basterds' médiocre* (en majeure partie), envoyez-moi un mail et je vous en ferai part, nous entamerons un dialogue enrichissant, et on fera sans doute un bout de chemin l'un vers l'autre et/ou ensemble! Au plaisir.
*p. ex., au lieu du fade et un peu ridicule (ici, entendons-nous) B. Pitt, imaginez J. Nicholson au même âge... Là, il y aurait eu du répondant à C. Waltz, non?
Publié le 8 septembre 2009
Effectivement, comme le dit 'fana', l'âge n'a que peu à voir avec l'appréciation que l'on porte sur un film comme celui-ci! Disons-le une fois pour toutes, l'appréciation d'un film est le résultat de TRES NOMBREUX facteurs, tels - entr'autres - l'humeur du moment de la vision, les points de comparaison dont l'on dispose (plus ou moins riches et variés), et les attentes en terme de qualités cinéphiliques. Certes, l'âge aidant (au moins sous cet angle), les références et les points de comparaison se multiplient, et donc les attentes augmentent. Mais, surtout, lorsqu'on a l'occasion/la chance/la volonté de voir de nombreux films, on relativise immanquablement l'angle de "pénétration" par lequel un film bâtit sa réputation et son (in)succès. En l'espèce, j'ai personnellement vu la quasi-totalité de la filmographie de Q. Tarantino, dont j'apprécie habituellement le penchant iconoclaste et décalé, nourri de sub-cultures diverses. Et pour moi, 'Inglorious Basterds' est (en conséquence...) son moins bon film! Je ne vais bien entendu pas demander à chacun de préciser, avant sa critique positive, si il/elle a vu tous les films de Tarantino, et combien de films il/elle a vu dans sa vie, mais ça doit jouer, et ça joue! De surcroît, le côté parodique de ce film-ci, à part les citations musicales quelque peu artificiellement plaquées de-ci de-là, ne joue pas spécifiquement (et majoritairement, sinon à l'une ou l'autre occasion précise) du langage et des références cinéphiliques, mais davantage de ceux de la bande dessinée, dans le premier degré de la parodie, typique de cet art mineur. Voilà sans doute où le film m'a le plus déçu, par rapport à mes attentes (vis-à-vis de Tarantino, et vis-à-vis d'autres parodies): la relative pauvreté des niveaux de lecture de celui-ci. Et la moindre n'est pas celle de l'uchronie - et non utopie! -(sa seule véritable originalité, en fin de compte): à quoi sert-elle, qu'apporte-t-elle, quelle cohérence donne-t-elle à ses éléments fort disparates, quel éclairage restrospectif fournit-elle au récit du film lui-même et à l'Histoire de ce conflit mondial en général (comparez par rapport au 'Dictateur' de Chaplin)? A mon sens, tout est dit: un pétard sans déflagration...
Publié le 2 septembre 2009
Si vous aimez Tati, Sempé, Buster Keaton, Eric Rohmer, Woody Allen et Peter Sellers, je vous invite à courir voir (on le joue encore toute cette semaine au Plaz'Art à Mons), ou à louer, 'Fais-moi plaisir'! Ce sont les choses du coeur et du désir contées avec finesse, élégance, fair-play et même une forme de poésie rare et précieuse. Plus du côté de Rohmer que de Guitry, selon moi. Parfaitement rafraîchissant, en regard des passages obligés de la comédie romantique d'aujourd'hui. Mais c'est aussi une comédie burlesque extrêmement divertissante, par moments d'une drôlerie irrésistible (la scène du vase et des japonais, le "running gag" de la braguette et du rideau,...) mais toujours courtoise. A l'image des délicieux humoristes cités ci-dessus. A cet égard aussi, parfaitement rafraîchissant dans le triste paysage de la comédie actuelle. Et Emmanuel Mouret, godiche et craquant, a de plus le don "almodovarien" de magnifier les actrices (Déborah François!, Judith Godrèche, Frédérique Bel, et toutes les autres). Un film en forme de flûte de champagne.
Publié le 28 août 2009
Vu ce mardi 25.08 à l'Ecran Total, ce film d'Arnaud Desplechin, sorti en 2000, revient régulièrement à l'affiche de-ci de-là. Et pour cause! Basé sur un roman d'Arthur Symons, ce film étonne, déroute, déconcerte par son propos et une forme en constante adéquation avec celui-ci. Il décrit, dans le Londres du XIXè, l'enfance et la naissance à elle-même d'une authentique artiste qui s'ignore. Petite fille, elle découvre qu'elle est étrangère au monde et à sa propre famille (un tailleur juif assez misérable, sa femme et leurs 4 enfants), que les autres ne peuvent la comprendre. En conséquence, elle se renferme en elle-même, au point de devenir en apparence insensible et autistique. La forme épouse alors son point de vue, par une certaine froideur et distanciation, qui pourrait certes rebuter, mais en réalité nous plonge au plus intime de son mal-être. Le déclic de sa renaissance viendra d'une représentation d'une pauvre comédie yiddish, interpretée de façon affectée par des amateurs, mais qui va lui donner la passion du théâtre et le désir de devenir actrice. De manière quasi-psychanalytique, dans une incroyable tension croissante, jusqu'à une apocalyptique première d'Hedda Gabler d'Ibsen qui donne le vertige, 'Esther Kahn' nous fait vivre intensément les affres et les douleurs de cet accouchement à l'humanité et à l'art... Un véritable chef-d'oeuvre, qui, malgré sa longueur (148 min.), donne envie de le revoir et le re-revoir...
Publié le 26 août 2009
Enfin, les derniers commentaires ramènent en effet les choses à leur juste proportion: ce dernier film de Q. Tarantino est fort médiocre! S'il n'y avait pas cette 1ère scène, et la prestation de C. Waltz, je l'aurais aussi coté à 2/10. Ce n'est pas tellement, pour moi, une affaire de mauvais goût (les scalps en gros plan, des nazis constitués prisonniers qu'on massacre à coups de batte de base-ball, un tueur psychopathe qu'on valorise,...), mais surtout une absence (quasi-)totale d'enjeu, de chair, d'implication: un exercice de style (et encore, bien inférieur à tous les autres Tarantino!) superficiel et creux. Un pétard sans déflagration...
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