pekka

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Publié le 26 mars 2010
Effectivement, Oural, 'Ghost Writer' est un travail d'orfèvre, truffé de subtilités, essentiellement dans les détails (décors, dialogues, casting des seconds rôles,...), et d'un soupçon d'ironie. Le film plaira à tous ceux qui apprécient que rien ne soit surligné, et qu'un récit "fantôme" se déroule en parallèle de celui que les images illustrent. Les différents niveaux de lecture sont en effet comme des voiles: que l'un se déchire, et ce qui apparaît n'est toujours qu'une réalité voilée... Et comme les entorses - initialement soigneusement cachées - aux principes éthiques et démocratiques, justifiées par la lutte contre le terrorisme islamique, constitue l'une des toiles de fond du récit, vous aurez sans doute perçu que le film a quelque peu l'apparence de poupées russes, pour ceux qui le décortiqueront, du moins. Casting et interprétation parfaits, avec un Ewan MacGregor à la fois naïf et débrouillard, mais trop présomptueux. Sacré Polanski, trop intelligent pour être honnête... Fabuleux styliste, aussi, avec une structure en boucle entre une ouverture et un final prodigieux, illustrant une animation et des gestes triviaux, alors que l'essentiel tragique se produit hors champ! Pour cinéphiles cultivés (toutes les citations et références à Hitchcock, notamment).

Publié le 26 mars 2010
Belle analyse de Nadia_V, qui en est une (... de cinéphile cultivée: ce que je mets entre parenthèse n'aurait pas été montré dans 'Ghost Writer', c'est un exemple hors texte/hors champ, certes bien plus subtil chez Polanski dans le corps de son film, après nous en avoir donné un avant-goût dans la scène d'ouverture). Belle démonstration, aussi, des différents niveaux d'information, entre ce qui est vu sur l'écran de télévision, ce qui est vécu par le protagoniste principal, ce qui est manipulé par d'autres protagonistes, et le dessein caché de quelques-uns qui détiennent les vrais pouvoirs. Prenez-en tous de la graine!!!

Publié le 17 mars 2010
Je n'ai pas été déçu, que du contraire! Certes, le meilleur de Tim Burton ('Edward Scissorhands', 'Sleepy Hollow',...) est sans doute derrière lui... Certes, ce film est une production Disney, avec ce que cela implique comme frottements frénétiques de la "lime à angles" pour les arrondir au maximum, et comme "fourches caudines" au point de vue du scénario et des personnages... Mais Alice et son Pays des Merveilles tombent à (là)point nommé sur l'idiosyncrasie burtonienne, et son imagier fantastique (l'excellente "maudite grosse tête" et sa cour; la ffffolie "Perrier" du chapelier; l' "aristocrasserie" du fiancé d'Alice, de sa future belle-mère, de son beauf; etc.) fonctionne sans défauts! Délicieux comme un Merveilleux avec de la mousse au chocolat-terie au milieu(x)! Et à fond de saison comme un Lièvre de Mars! 8,5.

Publié le 10 mars 2010
Un pur délice! Que du bonheur! L'aristocratie dandy et dévoyée de la forêt (Mr Fox et sa famille, "too smart", doués, élégamment névrosés et décalés), associée - par nécessité - aux autres animaux, plus bourgeois et bûcheurs (Blaireau et Castor, avocats; Lapin, chef coq; etc.) contre les odieux fermiers industriels humains, totalement dénués de grâce. Ou bien, on peut l'interpréter aussi comme une métaphore de la culture européenne (la "vieille Europe", un peu décadente) contre le "bizness" et la puissance militaire US... Les niveaux de lecture sont multiples, et tous pertinents, tant la parabole est riche. L'animation à l'ancienne est pleine de magie, d'émotion et de finesse; les dialogues sont brillants (surtout avec les voix de la VO, G. Clooney, M. Streep, O. Wilson, A. Brody, B. Murray,... Excusez du peu!); la BOF est un régal; le récit de Roald Dahl, retravaillé par W. Anderson, évoque à la fois G. Orwell, Macherot (extraordinaire personnage du Rat Noir), Arsene Lupin,... Je vous invite chaleureusement à courir voir cette petite merveille!!! 9,5

Publié le 10 mars 2010
Je ne serai pas aussi laudatif que F. Ds dans LLB. Ce film à sketches m'a paru assez laborieux, finalement trop caricatural dans son traitement, alors que les récits (imaginaires ou authentiques? 50/50?) sont déjà en eux-mêmes de féroces charges contre l'absurdité de ce régime despotique et liberticide. On sourit assez peu, et on rit encore plus rarement. C'est finalement le générique de fin avec ses images et sa musique de circonstance documentaires qui m'a semblé le plus fort en atmosphère, le plus drôle et effrayant à la fois.

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