pekka

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Publié le 18 février 2010
Ca se veut un film à l'ancienne, OK, c'est clairement une série B, OK, ça se veut un hommage aux films fantastiques en noir et blanc, OK. Voilà, les prétentions sont affichées, et ça ne veut pas aller plus loin que ça. Personnellement, l'interprétation m'a semblé de qualité dans un tel contexte (Hugo Weaving, Géraldine Chaplin, Emily Blunt, le serviteur Sikh, surtout). Je suis plus réservé pour A. Hopkins... Benicio del Toro m'a semblé sobre et juste (il participe à la production du film). On sursaute, juste ce qu'il faut, l'arrière-plan psycho-sadique n'est pas mal, surtout dans les scènes de l'asile et de la crypte, et certaines scènes d'action avec effets spéciaux (la course sur les toits) assez haletantes. Un bon petit film du dimanche soir.

Publié le 18 février 2010
Un Gilliam peut-être imparfait, mais passionnant. Et encore, je crois qu'il mérite sans doute une seconde vision, car ce qui paraître brouillon ou boursouflé, au premier abord, y gagnerait sans doute en lisibilité. Le film s'inspire d'une certaine philosophie, orientale je crois bien, dans laquelle le Bien et le Mal jouent continuellement aux dés la destinée du monde des Humains. Ici, Mr Nick (excellent Tom Waits; et tant mieux, après sa pâle apparition dans 'The Book of Eli'...), dans les temps immémoriaux des commencements mythiques, met au défi Le Conteur, dont le Récit perpétue le Monde. Ce dernier y gagne l'immortalité, mais y perd sa flamme. Et l'ancestral Docteur Parnassus ne survit plus que dans l'attente d'un nouveau défi qui lui permettrait de sauver sa fille unique, gage d'un précédent pacte faustien... Mais, voilà que survient un Joker (eh, oui!), le Pendu du Tarot, interprété par Heath Ledger, qui va bousculer le cours du Récit des choses! Quel bel argument pour un créateur démiurge comme Terry Gilliam! Et il prend son pied, le beau diable! Ca fuse, ça se renverse, ça éclate et scintille de mille feux! Dans un langage archaïsant, une esthétique de gravures XIXè, avec des digressions du côté d'Alice, des Monty Pythons ou des frères Grimm, tout en brocardant les travers contemporains (consumérisme, mafia, humanitarisme dévoyé,...), Le Grand Bazar de Gilliam déploie ses charmes et ses pièges... Les acteurs sont tous parfaits. On doit aussi bien évidemment noter le magnifique hommage à l'acteur disparu ("Un film de Heath Ledger et ses amis"), à son gsm qui sonne (restez jusqu'au bout du bout du générique...), à la solidarité de ses amis Depp-Law-Farrell, qui se glissent tendrement dans ses habits... Une bien belle fantaisie!

Publié le 18 février 2010
Après 'The Book of Eli', voici un nouveau candidat de taille aux Razzie Awards. Cetres, les prétentions ne sont pas les mêmes: au lieu d'une prétendue "réflexion" (...) sur ce qui restera de notre civilisation après l'Apocalypse, ici on recycle et on "sous-harry-potterise" (tchou!) la mythologie grecque à destination des ados amerloques pas trop cultivés... C'est complètement niais, tout à fait kitsch, d'assez mauvais goût, et fort mal joué (P. Brosnan, ridicule en centaure barbu; U. Thurman en Méduse cuirette, qui se contente de grimacer en ouvrant des yeux comme des soucoupes; etc. etc. Seul le jeune acteur black qui fait le satyre n'est pas nul! A éviter!!!

Publié le 18 février 2010
Voilà LE film à voir pour les cinéphiles! 'Eyes Wide Open' est un chef-d'oeuvre de sobriété, de non-dits extrêmement parlants, de vérité ontologique! Loin d'être 'Le Secret de Brokeback Mountain' chez les juifs ultra-orthodoxes de Jérusalem, comme on le présente parfois erronément, le film expose d'une manière quasi-documentaire, non tant la passion amoureuse entre deux hommes, que le processus de scission et de destruction d'une organisation sociale à l'égard de ceux qui, faisant au départ intégralement partie de son tissu, en ébranlent les fondements (voir aussi le parallèle avec la relation d'amour mettant en danger le mariage arrangé). Ou, plutôt, génèrent l'angoisse de la relativité des normes autour desquelles ladite société se maintient, inchangée et sclérosée. Cela pourrait tout aussi bien se dérouler dans l'Iran musulman d'Ahmadinejad, l'Angleterre victorienne anglicane d'Oscar Wilde, l'Espagne de l'Inquisition ou la France médiévale (écoutez et lisez le texte de la magnifique chanson 'Lomer' de Richard Desjardins, située à Carcassonne dans les années 1450!). Magnifique symbolique de l'eau à travers tout le film (la pluie, la source, la surface du bassin recouvrant l'engloutissement, la canalisation rompue!!!), de la chair (la scène du nettoyage de la viande par l'apprenti pour l'épouse du boucher!!!), du placard sur les murs, rappelant les affiches antisémites des années 1930 ou le ballet des dénonciations anonymes. Un film rare.

Publié le 18 février 2010
Et j'oublie encore de dire qu'il s'agit d'un premier film: quel talent! Et que les acteurs, tous, sont d'une vérité parfaite.

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