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Films préférés de l'utilisateur sentinelle

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Publié le 20 février 2017
Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j'ai beaucoup aimé ce film. Certes, il est d'un classicisme parfaitement assumé, pétri de bons sentiments et de valeurs typiquement américaines (l'opiniâtreté, le sens du devoir, le patriotisme, le travail au service de l'ambition et de la collectivité), bref puissamment calibré pour plaire au plus grand nombre. Mais comment résister à ces femmes de l'ombre, longtemps restée méconnues et enfin portées à l'écran ? Impossible en ce qui me concerne, d'autant plus qu'elles sont interprétées par trois excellentes actrices. Cette mise en parallèle de la conquête spatiale et des droits civiques permet également d'aborder le ségrégationnisme, le racisme, le machisme, mais aussi la place de la femme dans le monde du travail et l'importance de l'accès à l'instruction. Tout cela vous semble plombant ? Et bien détrompez-vous, car ce film est aussi drôle, émouvant et plein de peps, tout à fait le genre de film qui vous met de bonne humeur à la sortie du cinéma. Mais je vous défie de ne pas avoir la larme à l’œil à la fin du film ! J'étais aussi contente de revoir au cinéma Kevin Costner, ce qui ne m'était plus arrivée depuis... oh je préfère ne pas compter les années.

Publié le 20 février 2017
Le troisième long métrage de Nabil Ben Yadir est un cocktail détonnant mélangeant allégrement les ingrédients du film noir, du thriller politico-policier et de la tragédie grecque. Un film tout en tension qui appuie à fond sur l’accélérateur et qui nous embarque immédiatement sans jamais nous lâcher : c'est vif, brut de décoffrage, violent et engagé politiquement. La musique, très présente, renforce ce côté sombre et anxiogène. Aucun temps mort, montage nerveux, scénario qui ne fait pas dans la dentelle ni dans la nuance (on peut même dire qu'il y va à la truelle parfois) et furieusement d'actualité (la question communautaire et la tendance sécuritaire). Angle mort de Nabil Ben Yadir, c'est aussi une intrigue plus intimiste digne de Shakespeare mais située dans le triangle des Bermudes belgicains (Bruxelles, Anvers et Charleroi). http://livresque-sentinelle.blogspot.be/2017/02/angle-mort-de-nabil-ben-yadir.html

Publié le 20 février 2017
Harmonium de Kôji Fukada est un film tout en retenue, minimaliste et intense à la fois. Subtil et volontiers ambigu, chaque personnage garde sa part de mystère et on ne comprend pas toujours les motivations des uns et des autres. Et si les sentiments et les ressentiments restent bien enfouis sous une chape de béton, les pulsions, désirs et autres frustrations finissent toujours par s'infiltrer dans les lignes de faille. Un film qui nous conduit à la tragédie à pas feutrés et une vision résolument pessimiste et assez cinglante de la famille en général et du couple en particulier. On n'en reste pas moins touché par l'extrême solitude de tous les personnages.

Publié le 5 septembre 2016
On a déjà lu plus original comme scénario, mais le film dégage un tel charme qu’il est bien difficile de ne pas adhérer à la proposition du réalisateur, qui a su capter l’atmosphère de la capitale cubaine avec une certaine authenticité. En faisant l’économie de plans larges (il y en a mais très peu), il arrive par exemple à saisir la pauvreté et la lutte quotidienne pour survivre des plus humbles en restant en plus près de ses personnages, ne filmant la plupart du temps que des intérieurs dépouillés aux murs délabrés, qui contrastent fortement avec les visages fardés des travestis. Des personnages comme enfermés dans des lieux clos, mais le réalisateur prend toujours le soin de filmer une fenêtre ou une porte de sortie vers l’extérieur, offrant des lieux de passages de l’ombre vers la lumière, à l’image de ces artistes qui quittent les coulisses pour rejoindre la scène sous les yeux du public. J’ai aimé la symbolique des prénoms : Jesus, le fils qui doit apprendre à ne plus se sacrifier pour les autres, Angel, le père qui disparait et réapparait comme par enchantement, et Mama, la figure maternelle par excellence. J’ai aimé les chansons cubaines, qui ne parlent que d’amour, de sacrifice et de souffrance, chantées avec ardeur et passion. J’ai aimé la solitude des personnages. Mais ce n’est pas une solitude qui enferme, car il y a toujours ce mouvement de générosité qui pousse à aller vers l’autre, à l’aider et à le soutenir. J’ai aimé aussi la longue préparation des corps, celles qui précèdent l’entrée sur scène, mais aussi l’ultime, celle qui accompagne le dernier voyage. Enfin, j’ai aimé l’interprétation des acteurs, aux rôles terriblement casse-gueule car tellement archétypaux, et qui pourtant donnent à leurs personnages une consistance vraiment étonnante.

Publié le 10 mai 2016
Le troisième film en douze ans du réalisateur colombien Ciro Guerra relate la rencontre faite de méfiance et de suspicion d’un grand chaman amazonien, isolé dans les profondeurs de la jungle et dernier survivant de son peuple, avec deux hommes blancs. La première rencontre met en scène un ethnologue allemand en 1909 et la deuxième un botaniste américain en 1940. Tous les deux sont, pour des raisons diverses, à la recherche de la yakruna, une plante sacrée très puissante possédant la vertu d’apprendre à rêver. Karamakate le chaman, devenu en vieillissant un chullachaqui, c'est-à-dire un humain dépourvu de souvenirs et d’émotions, entreprend en compagnie du botaniste américain un voyage jusqu'au cœur de la forêt Amazonienne. Un voyage au cours duquel le passé, le présent et le futur se confondent, et qui permettra à Karamakate de retrouver peu à peu ses souvenirs perdus... Très éloigné de tout exotisme occidental, ce film nous confronte à la violence des hommes, tout en nous invitant à un voyage mystique et à une quête initiatique n’hésitant pas à aborder les rivages de la folie. La beauté des images, les rencontres diverses sur le parcours de l’aventure humaine et spirituelle, sans oublier les discussions entre le chaman et l’homme blanc permettent de nous interroger sur les rapports entre la nature et la culture, entre le rêve et la réalité, entre le monde visible et invisible. Pour Karamakate, retrouver sa mémoire et remonter le fleuve des souvenirs, c'est aussi se réapproprier son histoire, sa culture, son savoir et son identité. http://livresque-sentinelle.blogspot.be/

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