pekka
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- Nombre de critiques : 406
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Publié le 13 janvier 2011
'Io sono l'Amore' est un film d'esthète (très) cultivé à l'intention d'un public esthète, qui fera son miel de (très) nombreuses références artistiques (au niveau cinéma, il évoque plus 'Le jardin des Finzi Contini' de Vittorio de Sica, que 'Les Damnés' de Visconti, à mon sens; et à plusieurs autres niveaux également : peinture, architecture, théâtre,...). Tilda Swinton la fabuleuse, qui a coproduit le film, promène sa silhouette de haute aristocrate écossaise anticonformiste dans un rôle, taillé à sa mesure, de haute bourgeoise de l'industrie lombarde d'origine russe, qui voit tous ses sens se réveiller à l'heure où ses enfants entament leur vie d'adultes, alors que la structure familiale établie se transforme radicalement suite à la disparition du patriarche, dont elle est la belle-fille. Elle y met effectivement une sorte de condensé de ses différents rôles, depuis ceux des films de Derek Jarman jusqu'à celui de juriste névrosée dans 'Michael Clayton'. Pippo Delbono, auteur et acteur de théâtre acclamé, campe son mari, corseté par la peur de décevoir son père, mais le haïssant intimement. Tous les acteurs sont excellents, y compris Marisa Berenson dans un rôle parfait pour elle. La photo, le cadrage, les lumières sont impeccables (certaines images évoquent même le travail de l'immense artiste qu'est Roméo Castellucci, dans sa trilogie sur la Divine Comédie de Dante). Il y a quand même un point faible, à mon sens, qui se fait sentir hélas au tournant décisif du récit, dans le profil psychologique du fils Edoardo, dont le personnage n'est pas correctement ni pleinement dessiné. Défaut mineur en regard de la réussite de l'ensemble, mais gênant, car il nous rend le récit plus extérieur qu'il ne faudrait... A voir en toute hypothèse, si vous êtes sensibles à la Beauté.
Publié le 13 janvier 2011
Voilà un film qui m'a fait jouir!... ;-) Hommage appuyé à l'immense David Lynch (époque 'Twin Peaks'), mâtiné d'une fantaisie iconoclaste à la façon de John Waters, réalisé avec trois bouts de ficelle mais joué par d'excellents acteurs, avec des dialogues gratinés, 'Kaboom' est un film sans prétentions à prendre au Xième degré, terriblement sexy et sans complexes, bourré d'énergie et foutrement drôle, quoique non dénué de réflexion sur nos mentalités, comportements paranoîaques et individualistes... Tout à fait, Thierry, un régal!
Publié le 11 janvier 2011
Alors, là, je trouve la critique d'A. Lo. très "politiquement correcte" et abusivement positive! Car, à mon sens, hormis la présence d'excellents acteurs, presque tous très en-deçà de leurs capacités interprétatives (surtout Mark Ruffalo et Julianne Moore, capables tous deux de bien plus, et exception faite de Mia Wasikowska, très juste) et le "pitch" de la famille homoparentale lesbienne, le film déroule un récit juste digne d'une sitcom télé, truffé de clichés et d'un convenu! Vraiment très moyen, et ennuyeux...
Publié le 5 janvier 2011
Absolument, 'Shi' ('Poetry') est l'un des tout grands films de l'année, couronné par une palme d'or du meilleur scénario totalement méritée. Car c'est la grande littérature qu'évoque ce film, Dostoïevski notamment. D'ailleurs, je n'ai pas été surpris d'apprendre ensuite que Lee Chang-Dong avait été écrivain jusqu'à l'âge de 43 ans, avant de devenir cinéaste. Le spectateur, à l'instar du lecteur, investit ainsi les personnages, les fait siens de l'intérieur et ne sort pas indemne de la vision d'un tel film, et des réflexions qu'il instille en nous au plus profond. Car l'une des grandes qualités paradoxales de ce cinéma, c'est la richesse de l'intériorité de ce qui est montré, des actions et du quotidien, parfois trivial, de cette femme au crépuscule de sa vie, à l'approche de la nuit de l'esprit (Alzheimer), confrontée à l'horreur d'un monde réel, qu'elle rêve de sublimer par la pratique de la poésie. La grande force du film est aussi de privilégier le parcours du sens du récit, par rapport à un risque d'esthétisme ou de désincarnation que le contexte de l'écriture poétique pouvait laisser craindre. Au contraire, tout est laissé à sa véritable dimension, la poésie déclamée et les poètes amateurs n'étant nullement dénués de leurs imperfections humaines. Tout est tellement à la fois fort et subtil, dur et émouvant dans 'Shi', qu'une seule vision ne peut l'épuiser, ni en livrer tous les riches détours. Décidemment, le jury de Cannes, cette année, a été particulièrement inspiré en choisissant des oeuvres complexes, subtiles, peut-être difficiles, mais la vérité de la beauté a un prix! Magnifique interprétation de Yoon Jung-Hee, mais là n'est pas le plus important de 'Shi'...
Publié le 5 janvier 2011
Je ne suis pas au fait de la filmographie complète de Mike Leigh, même si j'ai eu la chance d'en voir quand même quelques-uns ('Secrets and Lies', 'Vera Drake', 'Happy-go-lucky',...), et je considère ce réalisateur comme l'un des meilleurs du cinéma britannique, bien supérieur la plupart du temps à Ken Loach à mon sens. 'Another Year' débute sur l'enfermement et le silence d'une femme (sublime Imelda Staunton), totalement sur le fil du rasoir, ressenti d'un vécu tragique et indicible, et se termine sur le repli et le silence d'une autre femme (extraordinaire Lesley Manville), dont les aspirations sont sans aucune prise sur le réel. Entre ces deux portraits inoubliables, défilent les saisons, celles de la vie, celles de la compassion, celles de l'impossibilité de s'enraciner et de porter des fruits, ou de s'intégrer au paysage de la société. Juste le temps qui passe, inéluctable, et les êtres qui ne font que passer en migrant dans la houle ou qui réussissent à s'inscrire dans la réalité et à semer les graines d'un bonheur par nature éphémère...
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