L'Homme de sa vie
Réalisateur:
Synopsis :
Comme chaque été... Frédéric et sa femme Frédérique (aussi) vont passer les vacances dans leur grande maison perdue au milieu de la Drôme, avec une bonne partie de leur famille. Un soir, ils invitent à dîner Hugo, leur nouveau voisin, qui affiche avec amusement son homosexualité. Hugo et Frédéric, restés seuls à discuter de l’amour jusqu’à l’aube, vont nouer une relation qui va jeter le trouble dans leur coeur, et dans leur entourage...
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2.5/10 Cote de
du film
L'Homme de sa vie
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5.0/10 Cote de
du film
L'Homme de sa vie
Avis des internautes du film L'Homme de sa vie
Publié le 16 octobre 2006
Subtil départ, qui de volutes en ombrées et transferts fait défiler sur fond de papier peint couleur sépia un générique composé de gens que l’on aime… Non moins exquis la manière de planter le décor. Succession de plans de paysages luxuriants, de maisons, d’intérieurs… La mise en bouche promet. On attend la suite. Les personnages arrivent, on nous les présente un peu à la manière d’un Pascal Thomas, les maris et les femmes d’abord, les amants viendront ensuite, enfin presque. Petite maison de vacances sur laquelle plane d’imperceptibles fêlures. Tous remarquent un voisin visiblement peu discret. Et hop il se trouve invité au premier barbecue familial. Arrive ce qui doit arriver, enfin au moins ce que l’on est censé trouver dans le titre.
A la limite pourquoi pas, c’est le genre d’histoire à faire se pâmer les ménagères de moins de 50 ans… Plus sérieusement, les histoires les plus simples où la passion se distille à grand renfort d’émotions pures, de mots simples, de gestes forts se révèlent souvent être de jolis films.
« L’homme de sa vie » en est à des années lumières. Zabou Breitman n’a de cesse d’inventer un style cinématographique qui entre symbolisme de bazar et surréalisme grotesque noie toute émotion. Fort du succès de son premier long, elle se défonce à ajouter dans sa mise en scène des idées aussi saugrenues que prétentieuses et oublie l’essentiel : le récit. Non pas l’homosexualité, mais tout simplement la déliquescence de la passion d’un couple.
Car si la photo est parfois sublime, les cadrages inventifs, c’est au détriment de la profondeur et de la crédibilité des personnages. Hugo, l’homo imbuvable joué par un Charles Berling, cabotin, théatreux, maniéré. Il vit l’espace de quelques jours une amitié homosexuée avec Frédéric (on a connu Campan plus inspiré) une espèce d’homme mollusque. Lui-même époux de Frédérique (pauvre Léa Drucker) qui a la consistance d’une éponge… Voilà le portrait sans retouche qu’elle nous offre ! Et ne parlons pas des seconds rôles inexistants sauf un beau-frère caricatural qui sous une allure de bon père de famille se révèle être un pervers…
« Il est temps de rallumer les étoiles », cette phrase apparaît très souvent en incruste dans le film (sans doute pour ne pas oublier le sujet du film ?). Dès la première fois on se dit non… il est temps de rallumer la salle… Mais rien n’y fait çà continue, on se dit alors qu’il faut se souvenir des belles choses (film émotionnellement magnifique lui), oublier ce triste intermède et attendre de Zabou Breitman plus de simplicité pour son troisième.
Publié le 14 octobre 2006
Zabou en impose, c'est la cas de le dire. Si "Se souvenir des belles choses" étaient déjà incroyablement touchant, elle persiste et signe avec ce film sur les surprises de la vie, la découvert de l'Amour. Esthétiquement (trop??) beau du début à la fin, interprété par des acteurs magnifiques des rôles titres aux plus petits, "L'homme de sa vie" est une merveille cinématographique. Certes, il peut semblé être tiré en longueur, mais les dialogues sont savoureux, et plus qu'une bonne soirée, Zabou nous livre une belle leçon de vie. A voir absolument.
Publié le 14 octobre 2006
La magie d'un instant qui fait tout basculer dans une vie, qui remet tout en question, même des choses qui semblent pourtant établies. Un amour pur mais passionné qui peut tout détruire sur son passage, le rêve se mèle à la réalité, les souvenirs à la vie de tous les jours au point où l'on ne sait plus vraiment ce qui est réel ou non. Une histoire d'amour extrêmement belle qui m'a touchée en plein coeur. Interprétation tout en finesse et en délicatesse dirigée de main de maitre par une Zabou en état de grâce, tout comme ses comédiens.
Un léger reproche sur la longueur, mais qui ne parvient pas à ternir l'émotion.
Publié le 13 octobre 2006
Se souvenir des belles choses... et les retrouver. Quel plaisir que ce film de Zabou Breitman. Une réalisatrice qui filme comme l'on peindrait un chef d'oeuvre : par petites touches, tout en finesse, avec subtilité et intelligence. Elle nous livre avec brio une vision au microscope d'un microcosme, pourtant bel échantillonage de notre société. Ce film est merveilleusement construit : flash-backs utilisés judicieusement, répétitions de scènes sous des angles différents, plans fixes avec voies off, vues aériennes perpendiculaires, etc... Des références mutilples, la scène du mariage pendant laquelle Campan et Berling (tous deux époustouflants par ailleurs) s'approchent des mariés, c'est Bertrand Blier qui s'invite au Bal d'Ettore Scola. De plus, le propos est franchement intelligent et non dénué d'humour ("Pour nous les homos, il y a des emplois réservés, comme pour les handicapés"). Zabou, sans tabou, s'attaque à un sujet difficile. Dieu, qu'il est dur d'aimer. J'ai aussi apprécié les contrastes, le conformisme campé par campan s'opposant à la diiférence de Berling. La maison drômoise traditionnelle qui jouxte l'univers moderniste d'Hugo. Véritablement, une météore dans le ciel obscur de la torpeur du cinéma français. Il est grand temps que l'on rallume les étoiles...
gh