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Publié le 10 mai 2017  à propos de The Treasure
Avec « Comoara/Le Trésor », Porumboiu donne son film le plus souple, un vrai antidote à la sécheresse du dispositif de « Métabolisme », au burlesque éteint et dépressif de « Politist : Adjectiv » et aux affèteries glauques des compères plus bankables (Mingiu et Puiu, alors que lui stagne dans le petit bassin d'un Certain Regard). Même si l'on revient à une forme d'humour à froid dans un no man's land entre vie et mort figurée par un bout de jardin équivalent des terrains vagues de Beckett, « Comoara » est cinématographiquement vraiment ludique et naïf et ne vise qu'à évoquer les chasses aux trésors de l'enfance, un conte d'autant plus absurde dans ce glacis hyperréaliste gris délavé du cinéma roumain et cette alternance d'intérieurs blafards et de jardins/plaines de jeux regardés avec effarement comme des décors exotiques et oniriques. Belle définition de l'aventure au coin de la rue.

Publié le 10 mai 2017  à propos de Grave
Film naturaliste, plus Bunuel ou Brisseau que Argento ou Araki (quoique... le quotidien estudiantin évoque la lente psychose de « Kaboom », l'humour en moins). Ducournau parvient à étirer jusqu'à son point de rupture le balisé « parcours initiatique » attendu (fin d'adolescence, découverte de la sexualité) pour quelque chose de plus charnel, d'un peu plus indicible (encore que la réalisatrice cède à quelques facilités comme la scène avec Orties face au miroir), de plus lyrique, mais pas pleinement assumé ou incarné. Quelques scènes émergent mais le scénario nivelle trop d'enjeux (généalogie du crime dans un final grotesque, sororité, culpabilité de la déviance) à des vignettes de scènes, des dialogues ou des personnages secondaires (la sœur) pas aboutis ou trop fonctionnels, lorsqu'il ne cède pas à quelques morceaux de bravoure un peu voyants (les scènes de soirées en plan-séquence). Il est en revanche à son meilleur quand Ducournau empoigne les décors du Sart-Tilman pour en faire un de ces no-man's-land lunaires digne du Cronenberg de « Stereo » et « Crimes of the Future », ou quand les dialogues s'effacent et laissent une angoisse plus sourde, une menace plus indistincte tout recouvrir (la scène sous les draps, sommet de terreur) avec un regard très affuté sur le corps féminin comme un pur objet sensoriel. Interprétations mémorables de Garance Marillier et Rabah Naït Oufella.

Publié le 10 mai 2017  à propos de Split
Sérieux retour aux affaires de M.N.S. après une décennie d'errance (« The Last Airbender », « After Earth »,...) et son meilleur film depuis son œuvre la plus personnelle (et improbable chef d'œuvre), « Lady in the Water ». Le plus drôle aussi, donc le plus angoissant. Le plus ironique, crissant, cruel, donc le plus sincère. Le film pose une question shyamalanienne par excellence : « Qui au juste ai-je en face de moi ? » Or chez Shyamalan, toute rencontre est littéralement surnaturelle, c'est le face à face d'univers avec un autre univers, parallèle, et dont la contiguïté est problématique, que ce soit les morts face aux vivants (« Sixth Sense », « Unbreakable »), le passé face au présent (« The Village »), l'au-delà face à la terre (« Signs »), voire du créateur et ses créatures (« Lady in the Water », qui doit plus à Beckett ou Gombrowicz qu'à Tourneur). Toujours le face-à-face de l'humain devant ses peurs les plus sourdes, primitives. « Split » livre sans faux semblants son lot de réponses à la question, arbitrant la rencontre d'un monstre avec un autre, et en évacuant très rapidement, presque d'un revers, la logique attendue du survival à la « Saw ». Il le fait avec le charme de la série B (deux décors) et un maximum d'inventions de mise en scène (d'axes, de focales courtes dans les gros plans, etc.). Cet art de l'esquive scénaristique se retrouve sur le plan des ellipses, les flashbacks d'une journée de chasse de Casey enfant complétant peu à peu le paysage mental et physique de l'héroïne, en dressant une étonnante proximité avec le ravisseur. Dès le premier plan, un sidérant trans-trav sur le regard inquiet de l'adolescente isolée à une fête d'anniversaire, n'attendant rien d'autre que d'être ravie à ce monde qui ne veut pas d'elle, on sait que le film sera bon, sera juste, qu'il va aimer ses personnages, qu'il va tracer son chemin à travers la psychologie de perlin-pinpin sur la schizophrénie (un James McAvoy bigger than life avec un maniérisme "Actor's Studio" hilarant) et les flashbacks utilitaires (mais dont le hors-champ bouleverse dans la scène de climax) pour révéler que les fêlures des faibles sont leur arme face aux puissants. Shyamalan se fout complètement de son scénario mais tient énormément à ses personnages, la marque d'un cinéaste qui compte. Il déclarait d'ailleurs « I want to make tonal movies where plot is almost obscene. In fact, I think I get in trouble because my movies are presented as plot-driven vehicles. » Comme dans ses grands films, il fait mine de partir de la croyance et du ridicule comme fins en soi pour aboutir à leurs ravages mutuels : un monde d'ahuris et d'incrédules où palpitent comme des papillons sur une ampoule quelques solitaires désabusés et revenus de tout, qui n'ont que faire de leur savoir, et se résolvent à croire en la croyance elle-même. Chez Shyamalan, la dialectique est toujours cruelle, et il faut voir le dernier plan de Casey (Anya Taylor-Jay) quand la flic lui dit que son oncle est arrivé pour comprendre que la fin est bien là, suffocante, et non dans un énième effet de twist de l'auteur-producteur destiné à masquer un si singulier désespoir, dont la paradoxale tendresse et l'appel du mélo manquait depuis 10 ans au paysage du cinéma américain contemporain.

Publié le 10 mai 2017  à propos de Beyond the Mountains and Hills
Peu habitués au cinéma israélien, nous nous sommes plongés dans « Au-delà des montagnes et des collines » sans appréhension et ravi de retrouver l’univers d’Eran Kolirin, que nous avions découvert grâce à son film « La visite de la fanfare ». La réalisation classique d’Eran Kolirin, maîtrisée mais conventionnelle, permet aux acteurs israéliens de trouver leur place et d’offrir un jeu efficace (mention spéciale à Mili Eshet , qui figure d’ailleurs sur l’affiche). Le réalisateur prend le temps, marque des pauses et se calque sur un quotidien véritable… « Au-delà des montagnes et des collines » est une belle manière de présenter les différentes cultures d’un même pays, d’en montrer les quartiers et les modes de vie radicalement opposés. L’incursion dans cette famille n’est pas anodine. Si on ne comprend pas très bien dès le départ vers où cela va nous mener, on les suit, curieux, jusqu’à un final des plus surprenants. Ecran et toile vous en parle sur : http://www.ecran-et-toile.com/mai-2017/au-dela-des-montagnes-et-des-collines

Publié le 10 mai 2017  à propos de Django
Je suis fan des biopics en général. Celui-là laisse beaucoup de place à la musique, peut-être plus que d'autres. L'histoire raconte une épisode étonnante de la 2è guerre mondiale. La prestation de Reda Kateb est impeccable; Cécile De France est égale à elle-même (donc, bien). Le film perd du rythme au milieu, mais reste une superbe restitution de l'époque. Surtout, surtout: les fans de jazz manouche et du jazz en général vont adorer.

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