pekka
- Membre depuis le 18/04/2007
- Nombre de critiques : 406
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Publié le 10 juillet 2010
'Agora' est un film paradoxalement intéressant et intelligent, qui devrait être projeté aux adolescents dans toutes les écoles, tant de l'enseignement libre qu'officiel, et même dans les medersas, et servir d'amorce à des débats riches, nuancés, subtils, éloignés de tout prosélytisme ou fanatisme religieux! A travers le personnage, historique, d'Hypatie, fille de Théon, dernier directeur du Muséion d'Alexandrie, mathématicien encore étudié il y a un siècle, elle-même philosophe et mathématicienne ayant vécu à Alexandrie à la fin du IVè et début du Vè siécle, néoplatonicienne extrêmement appréciée de l'élite intellectuelle de son temps, tant païenne que chrétienne, dont il ne nous est rien resté de l'oeuvre, en raison de sa déchéance politique (elle fut torturée et exécutée par les "fous de Dieu" de l'évêque Cyrille, alors primat de la Ville) et de la destruction de la célèbrissime bibliothèque, le réalisateur et le scénariste du film ont voulu exalter la liberté de pensée et l'universalité de l'esprit et de la raison scientifiques à l'encontre de la soif de pouvoir de ceux qui utilisent la crédulité et le fanatisme des "embrigadés", quels qu'ils soient! Le film lui-même n'échappe toutefois pas à une certaine raideur et emphase, qui ne devrait en tout cas pas vous empêcher de réfléchir de manière approfondie aux différents thèmes abordés. A voir et donner voir. 8,5.
Publié le 9 juillet 2010
Un authentique chef-d'oeuvre, inspiré d'une "novel" d'un auteur indien, dont le sujet et l'inspiration rejoignent celles du 'Guépard' de Lampedusa ou 'Le Jardin des Finzi Contini' de Bassani: la description d'un monde aux valeurs plus nobles, moins matérialistes, plus éclairées dans le chef d'aristocrates sur le déclin, mais d'une dignité et/ou d'une absence de lucidité quasi-philosophiques. Le film de S. Ray avoue à la fois son âge (1958), son atemporalité, sa poésie, son ivresse musicale, quelques symboles entretemps un peu usés, mais surtout son grand pouvoir de créateur d'images mémorables. A voir au moins une fois dans sa vie, à l'instar des 2 autres chefs-d'oeuvre tirés des romans cités plus haut.
Publié le 9 juillet 2010
Tout à fait d'accord avec Alain Lorfèvre (A. Lo.): que ce film est bien-pensant, ringard, inutile, inactuel à un tel point qu'il en frise le ridicule. Certes, cela ne manque pas d'humanité et l'interprète principal est fort bon, mais les autres acteurs sont grotesques, tellement ils jouent mal (l'infirmière, encore pire que les autres!). Hugues Dayez a encore oublié d'être impartial vis-à-vis de ce "téléfilm" bourré de répétitions et de clichés. Ne vaut en tout cas pas le prix du ticket. A bon entendeur,...
Publié le 9 juillet 2010
Rien de bien substantiel à dire de plus que Fernand Denis (F. Ds): c'est le premier film de Todd Solondz que je vois, et je ne perçois donc pas trop le sur-place ou le déclin, mais, sur un sujet comparable, c'est bien inférieur à l'excellent 'A Serious Man' des Frères Coen. De très bons acteurs, toutefois, et une première partie fort amusante, quand même.
Publié le 28 juin 2010
Un film - que dis-je? une expérience radicale de cinéma, plutôt! - comme 'Lebanon' ne peut bien entendu faire l'unanimité. D'une part, parce qu'il est signé d'un réalisateur israëlien, qui livre cependant les dessous puants de Tsahal, et donc d'une certaine politique de terreur sioniste, mais qui a été un milicien lors de la 1ère guerre du Liban, ayant ainsi tué de nombreux civils libanais innocents, ce qui l'a traumatisé à jamais. D'autre part, parce que réveillé en sursaut par la 2ème guerre du Liban en 2006, il va s'employer à représenter l'inreprésentable dans son premier film à plus de 45 ans, en empruntant les codes formels de l'Art pour tenir ses démons à distance. Alors, oui, il y a une forme codifiée et assez (trop?) écrite de dramaturgie dans ce huis-clos quasi-aveugle dans les entrailles de ferraille d'un char vite limite HS, entre ces 4 miliciens et les 3 personnages de l'extérieur, à la fois symboliques (le commandant d'unité israëlien, le phalangiste libanais chrétien (?), et le soldat syrien arabe) et qui se transmuent à l'instar des 4 tankistes lorsqu'ils y pénètrent. En cela, le tank est une scène sombre et étouffante, mais aussi un bain révélateur de l'âme humaine. Alors, oui, Samuel Maoz déploie le paravent de la création artistique, à travers un décor et des éclairages qui évoquent par moments les créations de Giger et de son équipe pour le premier 'Alien' et son vaisseau-cargo rouillé et déglingué, à travers une photographie très soignée, une superbe musique électro-acoustique de l'allemand Nicolas Becker avec le pianiste Benoît Delbecq, et des plans étranges et angoissants à travers le viseur brisé et fendu de la tourelle, sorte de Polyphème semi-aveugle, et fait donc le choix (l'avait-il seulement?) de la représentation cathartique, mais non de la monstration crue, même s'il parsème le film d'images manifestement vécues et gravées dans son esprit. Il n'en reste pas moins que 'Lebanon' parvient au bout du compte à être ce que le cinéma n'arrive à être qu'une fois tous les dix ans au mieux: une expérience sensorielle et émotionnelle très forte, et sans doute inoubliable pour tous ceux de notre génération qui avons (et aurons, j'espère!) la chance de ne pas avoir vécu la guerre absurde et inhumaine. Un Lion d'or à Venise dont on se rappellera longtemps, à mon avis.
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