hitruf

Ivan Guillaume
  • Membre depuis le 27/08/2006
  • Nombre de critiques : 112
Publié le 25 mars 2004
Film très déprimant sur la pauvreté dans le monde, qui nous guette aussi. ON n'en sort pas indemne. ON sait que vivre sur un petit nuage est falllacieux, à la sortie de ce film j'avais le sommeil maussade. C'est sobre, convaincant et ça pose la question de notre rapport au monde. Nous ne pouvons fuir et dire que cela ne nous concerne pas. Même le jeune client riche, avec son palace d'appartement est lui aussi concerné. Mais pas de la même manière. Rarement un film nous a fait mesurer la distance qui sépare des être semblables (les hommes), le dissemblable du semblable. Soit, on le savait, dan la tête, sans âme. Ici la magie du cinéma nous l'offre, quel cadeau.

Publié le 23 mars 2004
21 grammes, c'est un opus sur la déchéance et la grâce, et ça tient du Caravage et de Goya. Un souffle épique, une force.. Et un montage extraordinaire: un puzzle, dans le temps et l'espace, à partir duquel le spectateur reconstitue les faits. Une interactivité est pratiquement exigée du spectateur. Sean Penn s'inscrit bien dans la lignée des Hopper et Nicholson, en revanche Charlotte Gainsbourg est transparente et quasi inexistante dans ce film. Ce qui en dit long aussi sur la différence de violence rapportée entre films américain et européen d'aujourd'hui, et certainement aussi sur la différence de violence secrétée par chacune de ces deux sociétés. Ca tient également à l'emprise de la caméra, sa proximité des corps. Peut-être que si les frères Dardenne avaient tourné La Promesse à la manière du Fils, ils auraient approché d'un tel résultat. 8,5/10

Publié le 4 mars 2004
J'ai retrouvé dans ce film le plaisir que je prenais à voir de bons westerns. Et c'en est un! Les grands espaces, la méfiance, les affrontements, le devoyement des indiens.. Une histoire classique du Wild West, rondement menée, bien interprétée. Non pas un film qui marquera, mais qui procure un réel plaisir émotionnel pendant plus de deux heures.

Publié le 29 février 2004
A voir, à revoir même: on le savait déjà, beaucoup de gens sont des produits, rendus inutiles par la nouvelle économie, tyrannisée par les bourses et le capitalisme triomphant. Rayer les gens de l'entreprise, dégraisser, restructurer, cela s'apprend dans les hautes écoles de management. C'est le parcours initial d'un jeune loup de la nouvelle économie, encore hésitant entre deux formes d'humanité, qui est ici remarquablement filmé et interprété, par un trio de jeunes acteurs: Cylia Malki, Jérémie Rénier et Laurent Lucas. Le plus fort, dans ce film, c'est que Jean-Marc Moutout réussit à traduire les sentiments contradictoires de Philippe (Jérémie Rénier) et surtout les quelques moments où le conflit est à son paroxysme, par la 'simple' photographie de son visage, sans parole. Le scénario est assez comparable à celui d'Elephant: la tragédie sociale n'a pas besoin de spots survoltés pour être montrée. L'intelligence suffit.

Publié le 19 février 2004
UN chef d'oeuvre, petit chef d'oeuvre certes, mais chef d'oeuvre quand même du grand Alain Resnais. J'ai entendu ici des cris d'effraie : 'c'est une opérette'. C'est comme si mon arrière-grand-père revenait et, me voyant tapoter sur mon P.C., s'exclamait, dégoûté: 'mais, c'est un ordi!'. Non, évidemment, ce n'est pas une opérette, mais un film, une recréation, à partir d'une opérette. Le plus fort est que RESNAIS jongle avec les aspects désuets du genre et de l'époque pour nous donner à voir des scènes pleines d'humour, de finesse, et, voyez-le bien aussi: la critique sociale n'est pas toujours absente, elle apparaît en filigrane. De toute façon, un régal pour les yeux, le coeur et l'intellect. Quant à Darry Cowl, il recevra sûrement les césars du second rôle (masculin et féminin!).

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