juliendemangeat

Accatone
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Publié le 15 février 2020
Il n’est pas si fréquent de voir ces fameux films du milieu où l’intention assumée de faire du cinéma populaire se manifeste souvent par une sincérité à toute épreuve. Mais également par une vision très personnelle de la société, parfois teintée de bienveillance, parfois plutôt acerbe. On navigue ici entre les deux genres et c’est précisément ce qui fait de cette fille au bracelet une telle réussite. Par rapport à son premier opus la mise en scène gagne clairement en netteté. C’est en se focalisant sur son personnage principal, qui dégage un trouble infini, qu’il parvient à donner au film sa tonalité si particulière. Et cela sans jamais tomber dans le malsain, signe d’une grande habileté. Demoustier a également la bonne idée de ne pas trop fouiller ses personnages secondaires. Ils découvrent avec nous l’étrange impassibilité de cette jeunesse qui relève quasiment du fantastique.

Publié le 29 janvier 2020
En perpétuel mouvement, superficiel à crever et totalement dépourvu d’affects 1917 devrait concourir aux oscars de la bêtise. Si ce film de foire fait preuve d’une virtuosité toute scolaire c’est surtout par sa vacuité qu’il impressionne. Aussi lisse qu’un jeu vidéo il ravira à coup sûr les amateurs de sensations fortes et ceux pour qui la technique est une fin en soi. Traiter un évènement aussi tragique avec un point de vue si mièvre relève de la haute trahison : cour martiale pour le soldat Mendès !

Publié le 22 janvier 2020
Terrible déception pour ma part. Mise en scène des plus convenues (la beuverie des pauvres déjà vue cent fois n’a ici aucune portée), les parties de cache-cache pas vraiment drôles et bien poussives. Les intentions métaphoriques devancent constamment sa retranscription à l’écran, signe que l’inspiration n’est plus vraiment là. En témoigne ces nombreux coups de force scénaristique, ces retournements de situation, ce final en contradiction total avec la visée du film… Mais c’est la direction d’acteur qui est le plus révélateur de cette indécision générale tant elle se plie aux exigences du scénario : les beaufs deviennent soudainement malins puis victimes ensuite revanchardes et pour finir sont épris d’une prise de conscience les menant vers la rédemption. T’es sûr que t’as rien oublié Totoche ? Une fois de plus Canne couronne un cinéaste plutôt qu’un film, et c’est encore Pedro qui fait les frais de l’opération !

Publié le 2 avril 2018
Sans doute le film le plus abouti d’Anderson. Après ses deux derniers essais tordus à souhait, quasi expérimentaux, quel plaisir de le voir trouver dans cette forme plus classique la sérénité qui sied parfaitement à ses thématiques des plus équivoques. Mais ici Anderson démontre avec brio que classicisme ne veut pas dire académisme car son art n’a jamais été aussi vivant. Comme à son habitude il ne tourne pas autour du pot de confiture, quand il aborde la psychologie c’est frontalement, il en fait même le moteur narratif de son film. Avec beaucoup d’espièglerie il va mettre à jour le côté régressif et caractériel de ce perfectionniste maladif. Très habillement il va faire se succéder des scènes d’une tension sourde avec des scènes d’apaisement (aussi pour le spectateur !) jusqu’au suspense final ou c’est le spectateur qui est manipulé à souhait par le balais amoureux de ces deux acteurs magnifiques. Mais que va-t-il bien pouvoir faire après ça ?

Publié le 12 février 2018
Exemplaire de fluidité (on a l’impression de voir un long plan séquence), de clarté (une histoire complexe grandement simplifiée avec pour dessein unique d’être mise en image) et de sobriété (les acteurs ne dépassant jamais des personnages qui eux même sont au service d’une seule idée) Spielberg le premier de la classe a encore obtenu un 18/20. Cela ne pourrait être qu’un exercice de style made in Hollywood si l’on n’était emporté par la sincérité de cette œuvre enjouée et salutaire qui met à nu la nature manipulatrice et paranoïaque de l’exécutif américain.

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