juliendemangeat

Accatone
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Publié le 2 avril 2018
Sans doute le film le plus abouti d’Anderson. Après ses deux derniers essais tordus à souhait, quasi expérimentaux, quel plaisir de le voir trouver dans cette forme plus classique la sérénité qui sied parfaitement à ses thématiques des plus équivoques. Mais ici Anderson démontre avec brio que classicisme ne veut pas dire académisme car son art n’a jamais été aussi vivant. Comme à son habitude il ne tourne pas autour du pot de confiture, quand il aborde la psychologie c’est frontalement, il en fait même le moteur narratif de son film. Avec beaucoup d’espièglerie il va mettre à jour le côté régressif et caractériel de ce perfectionniste maladif. Très habillement il va faire se succéder des scènes d’une tension sourde avec des scènes d’apaisement (aussi pour le spectateur !) jusqu’au suspense final ou c’est le spectateur qui est manipulé à souhait par le balais amoureux de ces deux acteurs magnifiques. Mais que va-t-il bien pouvoir faire après ça ?

Publié le 12 février 2018
Exemplaire de fluidité (on a l’impression de voir un long plan séquence), de clarté (une histoire complexe grandement simplifiée avec pour dessein unique d’être mise en image) et de sobriété (les acteurs ne dépassant jamais des personnages qui eux même sont au service d’une seule idée) Spielberg le premier de la classe a encore obtenu un 18/20. Cela ne pourrait être qu’un exercice de style made in Hollywood si l’on n’était emporté par la sincérité de cette œuvre enjouée et salutaire qui met à nu la nature manipulatrice et paranoïaque de l’exécutif américain.

Publié le 16 janvier 2018
A l’instar de Tarentino Cattet & Forzani abordent ce genre si particulier, disons le trash psychédélique, en ayant digéré les lourdeurs de leurs prédécesseurs. En effet dans les années 70 que de nanars ont été célébrés au nom de cette culture du sous-genre. Ici les visions psychédéliques, qui forment véritablement l’ossature du film, ne sombrent jamais dans la figure de style stérile. Ils font pleinement partie de la mise en scène et contribuent à la dynamique du film. Celui-ci devient transgressif non dans ses thèmes mais dans sa façon d’aborder cette grammaire cinématographique. En prenant une place primordiale dans la structure narrative, les visions psychédéliques libèrent le film d’explications psychologisantes et autres déterminismes pesants. Il gagne en légèreté dans la durée, une gageure pour ce genre de film. Sa structure narrative, très libre, vient de ce que le langage purement psychédélique prend le dessus sans pour autant nuire à la clarté et à la vitalité de l’ensemble. C’est justement dans cette liberté totale que l’œuvre devient jubilatoire et devient un véritable objet de plaisir.

Publié le 18 octobre 2017
Encore un film d’anticipation à la métaphore grasse comme un Fish and chips. C’est d’autant plus écœurant que l’approche plutôt naturaliste de la mise en scène tue tout imaginaire, un comble pour un film de SF (Nolan a fait des petits). Comme chez ce dernier la direction d’acteur se contente d’une plate efficacité avec en prime ces pitoyables séquences tire larme. La mise en scène et sa pléthore de lieux communs confine à une visite touristique du cinéma d’anticipation. Le scénario est au diapason, il enfile les poncifs de SF comme des perles jusqu’à se perdre dans une banale histoire de filiation. Dans la pénible dernière ligne droite les séquences rivalisent d’indigences jusqu’au final d’une niaiserie indicible. Un véritable carnage.

Publié le 29 septembre 2017
Plus que jamais metteur en scène Amalric évite ici les pièges du film dans le film et du biopic. C’est justement parce qu’il fusionne habilement ces deux genres qu’il réussit à confondre différents niveaux d’interprétation en toute légèreté. L’ingéniosité qu’il déploie est d’autant plus remarquable qu’on n’est jamais dans un dispositif démonstratif à la Nolan mais plutôt dans une espièglerie qui va si bien aux deux acteurs les plus joueurs du cinéma français. Vertigineux il l’est à chaque instant à tel point qu’on finit par se demander qui est vraiment cette femme. En même temps on interroge la dualité de l’artiste qui se perd dans son personnage. Brigitte semble ainsi suivre le même chemin que Barbara qui aurait imaginé sa propre vie. Dans cette confusion générale espérons que les cinéastes français sauront se souvenir que c’est bien Jeanne Balibar qui était la co-responsable de ce film précieux.

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