juliendemangeat

Accatone
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Publié le 11 février 2017
Pas évident de réussir un film quasiment dénué d’enjeu dramatique. Le risque est grand de sombrer dans l’ennui ou la vacuité et d’autres se sont déjà cassés les dents à décrire une vie rangée et sans aspérité. Jarmush réussit cette gageure parce qu’il assume ce choix jusqu’au bout. Sa mise en scène placide épouse les états d’âme de ces deux doux rêveurs et ne nous donne envie de rien d’autre que de suivre le cours tranquille de leur existence. Assez classique par ailleurs, la description d’un monde parallèle, peuplé de marginaux, n’a rien de bien nouveau. Mais c’est son traitement bon enfant, sans le sérieux ou le second degré malin-balourd du ciné indépendant américain, qui fait tout le charme d’un film qui en devient presque une comédie de mœurs grand publique.

Publié le 8 février 2017
Un film qui inspire des réflexions contradictoires. Plutôt réussi sans être totalement abouti, de l’envie même si un manque d’ampleur et d’élan se fait sentir dans les scènes clé. Sans doute qu’une certaine trivialité dans le traitement, en tout cas vu l’enjeu de l’entreprise, empêche de véritablement toucher au sublime. Reste deux acteurs, on ne voit qu’eux en fait, qui nous portent au gré de leurs états d’âme et donnent à cette œuvre somme toute touchante un semblant de profondeur.

Publié le 6 février 2017
La métaphore qui surplombe tout le film est plutôt bien vue. Un policier pas tout à fait convaincu de ce qu’il fait, un peu étranger à lui-même, court après Neruda au sens propre comme au figuré. Le film prend alors la forme d’une quête existentielle du poursuiveur qui ne sera jamais à la hauteur du fugitif. Reste que cette belle idée demeure inaboutie tant Larrain ne sait pas par quel genre l’attaquer: film introspectif, biopic classique, film historique, polar… A chaque fois qu’une séquence est lancée le film semble buter sur cette problématique et revenir à la question de départ, celle d’un choix non assumé de mise en scène.

Publié le 10 octobre 2016
Plus qu’une fable tragi-comique sur la filiation, ce film est une plongée au cœur de ce que le libéralisme a produit de pire : des managers imbus d’eux même, aussi tristes qu’arrogants, figés dans des postures distantes au possible. Pas étonnant qu’un père aussi fantasque se désole de voir sa fille se déshumaniser ainsi. Cette scène éblouissante, d’autant plus qu’elle n’est jamais embarrassante, où ces imbéciles malheureux sont littéralement mis à nu nous rassure. En effet elle lève une énigme : non ces êtres dissociés ne sont pas des machines, l’humanité est bien là, dans l’inconfort et le doute. Mais que ne faut-il pas faire pour voir la vie reprendre ses droits!

Publié le 10 juin 2016
Un film qui déroule très confortablement son programme sans aspérité. De toute évidence contaminé par ce qu’il montre il se savoure comme un cocktail, agréable mais sans surprise. On a l’impression d’assister à une suite de séquences indépendantes les unes des autres et ayant en commun le fait d’être parfaitement inoffensives. Laissant le spectateur à une distance convenable, jamais bousculé par ce divertissement qui mérite un bon classement dans un guide de charme pour jeunes retraités dynamiques.

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