juliendemangeat

Accatone
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Publié le 11 août 2015
La scène d’introduction, drôle, énergique laissait présager un grand cru. Il n’en est rien même si l’esprit MI est pleinement respecté et que l’on assiste à quelques scènes réussies. Le problème vient d’un scénario surchargé qui n’évite pas les redites et qui laisse les personnages en retrait. Ils en sont réduits à cette fuite en avant imposée par cette histoire inutilement tortueuse et reprennent les devants le temps d’une petite blague. C’est d’autant plus dommage que l’humour avait donné une nouvelle impulsion à la série dans l’épisode précédent justement parce qu’il était subtilement intégré à la mise en scène et non pas mécanisé comme ici. Mais c’est surtout le recyclage abusif d’anciennes scènes qui agace : flingage dans un théâtre, plongeon dans le vide, rencontre sur un banc, rdv dans une gare… A quoi bon étirer un film aussi longuement si ce n’est pour nous refiler un tel déjà vu et surtout sans y apporter quelque chose de stimulant. Autre chose est également en jeu, c’est cette façon d’écourter les scènes systématiquement et qui semble nous dire ceci: ne t’intéresse pas trop à ce que tu vois mais plutôt à ce que tu vas voir. Horreur mercantiliste d’un film de producteur finalement plus quantitatif que qualitatif!

Publié le 26 juin 2015
C’est bien léger en effet. Dans le bon sens du terme tout d’abord avec cette poésie douce-amère qui accompagne tout le film. Mais on voit aussi que Podalydès ne fait qu’effleurer une multitude de thèmes plus profonds qu’il entend traiter : la crise existentielle, avec en sourdine une crise du couple et également une forme d’aliénation et des rêves enfouis. C’est peut-être là que le bât blesse, car ce rêve que l’on souhaitait voire éclore ne débouche pas sur grand-chose d’autre qu’une récréation dans une vie monotone et déprimante (Un bol d’air pour petit bourgeois en somme). Comme si la poésie promise était sans cesse contrariée par ce fond d’ironie un brin facile. Même si Podalydès excelle dans ce mélange de rêverie enfantine et d’humour décalé il touche en même temps les limites d’une œuvre qu’on ne peut s’empêcher de rêver plus grande.

Publié le 15 juin 2015
Le film d’action que l’on attendait désespérément depuis des années, doublé d’une œuvre d’une rare subversion. Tout d’abord artistique tant ce cinéma réintroduit des formes sauvages et ludiques, on a libéré les monstres, qui touchent à quelque chose d’enfantin quand les nombreux films d’action récents pontifient sur un air politique convenu. Ici la question des convenances n’est pas dépassée, elle est simplement ignorée, déposée par une mise en scène alerte et décomplexée ou la furie le dispute à des visions poétiques aussi fugaces qu’inattendues. Et subversion politique bien sûr avec ces personnages, dominants comme dominés, tous réduits au dernier instinct qui leur reste, celui de survie. Ce film unique, métaphore puissante d’un monde décomposé, est une déflagration qui ne heurtera pas les âmes sensibles par sa morbidité apparente mais au contraire les apaisera par sa lucidité profonde.

Publié le 3 avril 2015
Très débridée dans sa forme mais maitrisée dans le fond Incomprise est un vrai film d'acteurs. Très expressif (on n'est pas dans le non-dit) et plein de fraicheur ce cinéma se fait sans calcul. D'ou cet élan vital qui parcourre le film, qui lui empêche de sombrer dans la faciclité trash qui lui était proposée.

Publié le 2 avril 2015
PTA poursuit dans la lignée de son Master avec un film encore plus torturé, ne se livrant pas facilement. Déroutant du début à la fin avec son récit alambiqué qui ne nous épargne pas avec ces multiples apparitions et digressions confinant souvent à l’absurde. Depuis the master le récit n’est plus au centre des préoccupations de PTA, on est plutôt dans un modèle de déconstruction du récit. La mise en scène prend évidement le dessus avec notamment une direction d’acteur hors norme. Le couple Phoenix/Brolin succède au couple Phoenix/Hoffman. Dans les deux cas ce sont deux sortes de freaks qui surnagent dans une Amérique dont les mythes ne seraient que des caches misères. Ici le psychédélisme est une formidable matière pour défricher ce qu’ils restent des hommes quand les croyances s’effondrent.

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