Floca

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Publié le 24 janvier 2015
Le nouveau Godard. Un film faisant plutôt appel à nos sens qu'à notre raison, à notre sensibilité du monde qu'à notre esprit analytique. Ainsi, il est difficile d'écrire une critique traditionnelle sur cette oeuvre qui questionne de bout en bout le spectateur bien qu'au final le propos soit simple et direct. Ce dernier ne demande qu'à être ressenti. Et si cela doit se faire depuis le trône des toilettes, qu'à cela ne tienne ! Comme le souligne très justement Godard « le caca met tout le monde à égalité ». Et c'est peut-être bien cela la morale du film. Dans tous les cas, ce qui frappe dans « Adieu au langage », et qui en fait sa force émotionnelle et cinématographique, c'est que chaque plan pris indépendamment d'un autre représente une idée. Un plan est égal à une idée, une représentation du monde, une pensée philosophique, un projet filmique. A l'image de ce film, que certains qualifieront volontiers de « décousu », d'« indéchiffrable » ou d'« agressif » mais qui en aura laissé plus d'un sans voix, voici des flashs d'idées comme des surgissements sensoriels forts et poignants. Godard ne fait pas de consensus et c'est tant mieux pour nous. Au final, chacun ressent le film d'une manière qui lui est propre. Voici la mienne  : « Les deux grandes inventions : le zéro et l’infini. Mais non : le sexe et la mort ». « Le philosophe est celui qui se laisse inquiéter par la figure d’autrui ». « Il faut que je fasse ». « Ah Dieux ». « Oh langage ». « Evite, et vite, les souvenirs brisés ». « Ne pas peindre ce qu'on voit puisqu'on ne voit rien, mais peindre qu'on ne voit pas ». «Une femme ne peut pas faire de mal. Elle peut vous gêner, elle peut vous tuer, c'est tout ». « Vous me dégoûtez tous avec votre bonheur. La vie qu’il faut aimer coûte que coûte. Moi je suis là pour autre chose. Je suis là pour vous dire non et pour mourir. Pour vous dire non et pour mourir ». « La pensée retrouve sa place dans le caca ». « Dès que les regards se prennent on ne peut plus être seul. Il y a de la difficulté à rester seul ». « Je suis à vos ordres ». « Je cherche de la pauvreté dans le langage ». « Reste à savoir si de la non-pensée contamine la pensée ». « Seuls les êtres libres peuvent être étrangers les uns aux autres. Ils ont une liberté commune, mais précisément cela les sépare ». « Tout ce qu'Hitler avait dit, il l'a fait. Ce n'est pas la première fois que le vaincu par les armes arrive à vaincre politiquement son vainqueur. Par exemple, les armées de la Révolution et de l'Empire furent en définitive vaincues, mais elles avaient porté dans toute l'Europe l'idée de République ». « Et Darwin, citant Buffon, affirme que le chien est le seul être sur terre qui ne vous aime plus qu'il ne s'aime lui-même ». « Il va falloir qu'on engage un interprète. Bientôt on aura tous besoin d'un interprète pour se comprendre ». Pas besoin d'interprète dans ce long-métrage pour comprendre l'essentiel de cette oeuvre où à la fois tout semble être dit mais où rien ne l'est réellement. Adieu au langage donc, mais pas à Godard ! Le philosophe est celui qui.
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