La chambre bleue

Origine:
  • France
Genres:
  • Drame
  • Thriller
Public: Tout public
Année de production: 2014
Date de sortie: 25/06/2014
Durée: 1h16
Synopsis : “Dis- moi Julien, si je devenais libre, tu te rendrais libre aussi?” – “Tu dis?..” Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour. Du moins l’homme semble le croire. Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots. «La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup». Que s’est-il passé, de quoi est-il accusé ?
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Avis des internautesdu film La chambre bleue

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  • 1
Publié le 12 novembre 2014
Grand « petit film » d'Amalric, La Chambre Bleue parvient à conjuguer les charmes capiteux de la série B (plaisir de l'interprétation, mise en scène économe, précise) avec le vertige existentiel propre au genre (simenonien) de l'enquête et de sa machine molle. On peut même le préférer à cette autre boussole temporelle et spatiale saoule qu'était« Tournée ». Il s'agit aussi de la meilleure adaptation de Simenon depuis « Feux Rouges » (Cédric Kahn, 2004), voire depuis « L'Horloger de Saint Paul » (Tavernier, 1974). Le vrai sujet de La Chambre Bleue se révèle petit à petit comme étant le spectacle de la justice. C'est un sujet autrement plus sérieux, plus ample, que le petit refrain de l'adultère, de la confiance à donner à l'être aimé, et de ses variations à deux-trois personnages que le film mime un temps. Amalric l'endosse par le point de vue de Julien, un (son) personnage d'éternel angoissé à la diction doucement heurtée, aux suspens abyssaux et inflexions de timbre qui effilochent le dialogue en une curieuse ribambelle proustienne, aux yeux de chouette hulotte, où la technique se glisse là où on attendait de la spontanéité et inversement. Il faut voir, à la toute fin du film, l'arrivée de Julien au tribunal, avec sa meute des journalistes et leurs flashes crépitants, montée en parallèle avec l'entrée dans la salle du public venu assister à l'audience, se jetant sur les places libres comme un premier jour de soldes. Le public s'invite soudain, vorace, dans une histoire dont il a été jusque là refoulé, et dévore des yeux ce qui reste : un palabre d'attitude forcées, de questions sentencieuses, de regards perdus (pas même échangés, à part le dernier qui unit les amants). Cette scène du tribunal, Amalric l'a mise en scène comme un authentique procès, où se multiplie les tours de force opératiques d'une mécanique d'apparat, d'étoffes et de poses d'un autre âge, purement spectaculaire, où le seul détail concret auquel l'homme parvient à se rattacher est (littéralement) un motif dans la tapisserie, qui ne livre aucune autre clef ou interprétation que son insolence de signe en vacance de son signifiant, et où, comme dans « Anatomy of a Murder » de Preminger (1959), l'accusé n'est plus qu'un jouet aux mains d'enjeux qui le dépassent. Ce que « Tournée » laissait deviner, « La Chambre Bleue » l'affirme plus fort encore, Amalric est un grand acteur mais c'est avant tout un grand metteur en scène, capable de tirer un maillage dense à la Lang du format carré et d'un jeu de décadrages (la présentation de l'espace de la chambre bleue qui ouvre le film, avec un usage sculptural de la lumière naturelle de Beaucarne), donner dans la rétention formelle un écrin à une passion énigmatique (la diction et le dialogue affecté du personnage de Stéphanie Cléau) ou des prodiges de sobriété de la plus belle figure de juge d'instruction vue au cinéma depuis celle de « Witness of the Prosecution » de Billy Wilder (1963). La véritable star du film, c'est lui, Laurent Poitrenaux,au petit matin dans son cabinet contemplant torse nu la pluie qui tombe avant que sa secrétaire n'arrive et ne fasse monter le prévenu. Dans « La Chambre Bleue », même la preuve de la culpabilité d'un témoin, entraperçue au détour dans un plan, disparaît dans un coin de la mémoire et s'avère bien incapable d'y remonter, tant la fragmentation de la structure dramatique (qui correspond au parti-pris de fixité des cadres et à leur abstraction) correspond à celle d'une mémoire bien incapable de s'accrocher à quoi que ce soit d'autre de tangible que le corps d'une femme aimée, et d'une passion toujours-déjà perdue.

Publié le 26 août 2014
Décidément Mathieu Almaric est aussi bon réalisateur qu'acteur.... Malgré quelques éléments un peu forcés...un bon spectacle, de bons acteurs...bref un bon moment

Publié le 29 juin 2014
Une histoire d'amour parallèle qui tourne mal... C'est bien imaginé, bien filmé, même si on ne peut pas toujours y croire (les flics qui écoutent avec intérêt les détails...??).
  • 1

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