Une histoire d'amour

Origines:
  • Belgique
  • France
  • Luxembourg
Genre:
  • Drame
Public: Tout public
Année de production: 2012
Date de sortie: 03/04/2013
Durée: 1h20
Synopsis : Elle l’a rencontré un soir de printemps, elle est devenue sa maîtresse. Il lui a offert un revolver, elle une combinaison en latex. Imprudent, il lui a proposé un million de dollars. Insatiable, elle est venue lui rappeler ses promesses...

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Publié le 10 décembre 2013
Actrice inspirée, notamment dans « Un homme, un vrai » des frères Larrieu et pour sa sœur Sophie (le loufoque souple et syncopé qu'elle imprime à « Aie » en 2000), Hélène Fillières s'appuie sur un pitch qui sent le souffre, propre à flatter les bas instincts du spectateur, pour son passage au long en tant que réalisatrice. Soit la rencontre entre un magnat de la finance borderline et une escort-girl qui s'improvise maitresse SM circonscrite en quelques nuits d'une relation de domination qui vire à la folie auto-destructrice. Pour Jauffret comme pour Fillières, le cas « Edouard Stern » est « supposé connu », mais ce qui fonctionnait dans le roman est ici dévalué, réduit à une peau de chagrin d'esthétisme distancié sensé évoquer l’École de Berlin (l'ombre de « Sous toi, la ville » plane comme un vautour sur ce film cadavérique, auquel il manque la dialectique d'univers qui faisait la force du film d'Hochhaüsler). Et tant pis si « Sévère » est un des (sinon le) moins bon roman de Régis Jauffret, Fillières en reprend la chronologie fragmentée, profite de l'écriture déjà très visuelle de l'auteur mais passe à côté de tout le reste : la sécheresse des dialogues, au rendu caricatural (pourquoi la réalisatrice croit-elle bon de s'en donner le crédit, quand elle a ceux de l'auteur d'« Autobiographie » ?), la fulgurance des ellipses, la compression du tempo, ici trop dilué, la netteté et l'acuité des descriptions, le ton sarcastique toujours prompt à basculer dans le cynisme. « Maitresse » étant déjà pris, et « Sévère » pas assez vendeur, il fallait bien trouver un autre titre, mais pourquoi aller piocher celui-là dans l’œuvre de Jauffret, qui pointait déjà un pygmalionage d'une nature si aveuglément perverse ? Fillières semble vouloir désamorcer ces horizons avec un film marmoréen, glacé, forclos dans les amples angles de ses travellings latéraux et ses silences-qui-en-racontent-beaucoup. Le film est bien fréquenté (Stévenin, Nahon), mais souffre d'un miscasting intriguant, et tandis que Bohringer bohringise (il débite chaque réplique comme s'il s'agissait d'un proverbe), Casta cherche en vain des miettes du charme félin de Simone Simon, et tout le monde se sent plus ridiculement confit dans ce style glacial appuyé que dans les combinaisons de latex. Techniquement, le film est belge (tous les chefs de postes sont des figures-clefs du cinéma belge : le chef-op Christophe Beaucarne, le monteur Philippe Bourgueil, le décorateur Thierry Van Cappellen, l'ingé-son Pascal Jasmes, etc. - et font tous un travail remarquable) et on sent dans une séquence au moins à quel point la Belgique est une terre cinématographique en soi, parce que c'est bien le seul pays à éclairer ses autoroutes la nuit. Pourtant, vers l'heure de projection, une question émerge, que les personnages, déjà à bout de leur relation, se renvoient et envoient au spectateur : « Qu'est-ce qu'il/elle veut (si ce n'est ni les sensations fortes du bondage ni la stabilité pépère du couple bourgeois, ni de l'argent, ni le bonheur qu'il est sensé acheter) ? » La réponse est simple, la voici : du plaisir de regarder et de l'épanchement sentimental, c'est-à-dire ce qui manque à tout le film sauf à ses trois dernières minutes, quand enfin il se laisse enfin étourdir par la musique de Daho et les travellings sur les escalators des Guillemins, trop vite éthérés dans un nuage de talc et de moralité à recouvrir.
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