cdc

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Publié le 12 décembre 2017
Curieux film qu'a voulu réaliser le beau George sur un scénario des Coen. On y retrouve leur patte, avec une partie polar et trash pleine de sang - mais aucun mystère, évidemment, un peu comme un hybride de Fargo et de Miller's Crossing, et en contrepoint une scène allant crescendo d'une petite bourgade américaine Whites Only virant sur Ten Thousand Maniacs, chacun se répondant l'une à l'autre dans un anticlimax assez éprouvant - le traveling haut de la fin me faisait penser à Edward Scissordhands, et le tout début aussi, par ailleurs - le prégénérique est stupéfiant et vaut presque le restant. Pas de quoi en faire un chef d'oeuvre, bien sûr, mais pas de quoi traîner ce film dans la boue comme l'ont fait les critiques US (RottenTomatoes.com). Pas de réalisme, ni dans le pseudo-polar ni dans les scènes de lynchage. Et rien à voir avec Donald Trump non plus, quoi qu'en dise notre capo di tutti capi... Le film aura du succès en ciné-club (si tant est qu'il en reste, des ciné-clubs...)

Publié le 3 décembre 2017
Je suis étonné tout de même de n'avoir lu aucun critique liant le titre du film à Deer Hunter de Cimino, où, justement, le personnage incarné par De Niro épargne le Deer... ni à la scène terrible de Ghost Dog. Ah, la France, ta cinéphilie fout le camp !

Publié le 28 novembre 2017
Le maître mot de ce film moralisateur, c'est : "expiation"... Christian expie, il expie le fait de refuser de "sauver un homme" (on lui pique son gsm et son portefeuille) ; il expie sa dénonciation d'un enfant comme voleur ; il expie en payant une Chicken ciabatta sans oignons à une réfugiée exigeante, son henchman expie son refus de faire démarrer sa merveilleuse Tesla en la démolissant sur un plot de béton, un autre expie son énervement devant un spectateur atteint d'un Tourette d'opérette ; même une gamine dans un show quelque peu ridicule doit expier une mauvaise attitude... etc. J'étais un peu atterré d'avoir lu notre critique habituel parler d'un croisement entre Haneke et Buñuel, et j'avais tort : le moralisme de Haneke en général (la disparition de l'enfant fait aussi penser à Caché ou à Code inconnu, mais sans le l'extraordinaire mystère de ces oeuvres) et Buñuel dans son Ange exterminateur. Mais où Buñuel est cruel et incisif, ici, la scène princeps du dîner avec performance est longanime et pour tout dire assez racoleuse. On peut espérer qu'Östlund a voulu se moquer du politiquement correct de la Suède, mais rien n'est moins sûr. Surtout, ne croyez pas qu'il s'agisse d'une critique de l'art contemporain, à part deux ou trois lieux communs dont le premier (au début du film) n'apporte rien depuis près d'un siècle - Marcel Duchamp himself, bien sûr. Pour le reste, de bonnes idées, sans doute, mais au service d'un film boursouflé et extrêmement prétentieux. Rien d'un OVNI !!! Le film est très linéaire, bien établi et sans surprise : on a dit que c'était drôle, et donc on a droit à quelques rires dans la salle puisque c'est officiel ! Un film bien trop long où des scènes vides sont allongées durant 30 secondes au lieu de ce qu'elles mériteraient de 10 - il fallait sans doute tirer à la ligne pour faire du temps. Evidemment, le film précédent d'Östlund, Turist, montrait aussi la lâcheté d'un homme et se terminait sur une très belle séquence digne du Charme discret... et qui a sans doute permis aux critiques de le comparer au "Maître"... Non, vraiment une grande déception.

Publié le 21 novembre 2017
Il est regrettable que cet excellent film n'ait pas connu une meilleure distribution en salles. Madame Bovary à Jérusalem, en quelque sorte, le film déroule dans des plans très élaborés et hiératiques une histoire qui semble simple mais à vrai dire fort ambiguë - la fin en étant le clou (où est la tête, où la pointe ?). Les quelques allusions politiques sont justement cela : allusives (mais précises).

Publié le 8 novembre 2017
Mon dieu, quel mauvais film... Invraisemblable, téléphoné, très mal joué (ah, Eva Green qui prend les poses de Charlotte Rampling !), un dialogue ampoulé et faux - tout juste si on n'utilise pas le pqp du subjonctif... Je me méfie en général des critiques mais ici il faut admettre qu'ils avaient généralement raison. Qu'Assayas et Polanski aient pu adapter ce scénario est vraiment lamentable. Une demi-étoile pour l'anti-climax de la trappe de l'escalier.

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