Dernières critiques Rss

Publié le 30 juin 2015  à propos de Phone Booth
Un thriller palpitant, mais comportant des lacunes scénaristiques.

Publié le 29 juin 2015  à propos de Soirée "face caméra". Travaux des étudiants de l'ESACT
Sous le titre générique d'Amour(s) se cache un atelier de « face caméra » des étudiants de dernière année de l'ESACT (Conservatoire de Liège) dirigé par Delphine Noëls (« Post-Partum »), débouchant sur un long-métrage projeté une unique fois fin juin au Cinéma Sauvenière depuis deux ans maintenant. Sept semaines plus tôt, Noëls rencontrait ces (apprentis) comédiens pour la première fois et voilà qu'en mois de deux mois un long-métrage a été élaboré en stricte intimité avec eux autour d'improvisations, situations, personnages inventés in situ. Bien entendu le film parle autant de ces amis et familles se retrouvant pour le mariage d'un couple dans la maison de l'ex de monsieur à Seraing que des comédiens qui les interprètent, et dessine d'eux un portrait nuancé, généreux. La projection est un moment d'autant plus instable, y compris techniquement (des erreurs de mixage et des sautes de Blu-Ray cette fois) qu'ils se découvrent pour la plupart pour la première fois sur un écran, avec les sentiments mêlées et la brutalité que l'on imagine, et que la salle (bienveillante) est remplie de proches : un bon public, réactif et excessif comme on aimerait en voir plus souvent. Façon de réarticuler, pour ces comédiens plus rompus à l'art du spectacle vivant, un peu de la gouaille et du populaire du spectateur de cinéma à l'ancienne, devenu bien invisible et sage à la longue. Pas d'esprit d'œuvre à former ou de produit fini ici : que du brut de décoffrage donc, dans une visée d'enregistrement et de restitution la plus pure et nette possibles de moments de jeu souvent incertains, parfois sidérants, toujours passionnants. Si esprit il y a, c'est celui d'une troupe qui prime, et travaille à décloisonner les genres ou tons préétablis avec une innocente barbarie roborative. On ne voit jamais de film qui couvre un spectre si large, de la franchise sexuelle de Guiraudie à la veine littéraire d'un Truffaut, avec des détours par la gourmandise charnelle de Renoir, infusant partout un plaisir à jouer et être joué digne de Cassavettes (les étudiants n'en reviennent pas que le cinéma les dépossède du contrôle final de leur interprétation). Voici donc un film qui s'avance timidement, précédé de précautions oratoires bien superflues à la vue d'une telle spontanéité de chaque instant, une telle vivacité du geste, mais qui sait exhaler aussi une grande morbidité et un comique régressif digne des grandes heures d'Apatow (l'invitée bourrée, avec un mauvais goût très assumé des gags sur le vomi) qui ridiculise par sa faconde rabelaisienne la sclérose actuelle du paysage cinématographique belge. On chercherait en vain dans Puppylove, Melody, L'Année Prochaine et les autres nanars actuels, prétendus porte-étendards d'aspirations jeunisantes, une quelconque vérité de l'interprétation et des préoccupations que le présent « exercice » sublime ici à chaque détour de plan, même et surtout lorsqu'ils sont mal fagotés. Il faut dire que Noëls et sa troupe travaillent une sorte d'inconscient à ciel ouvert d'un romantisme mortifère et libidineux qu'on ne retrouve nulle part ailleurs dans notre cinéma national et peu ailleurs (chez Garrel en France). La plupart des scènes sont portées par un langage et des préoccupations très crues ; la moitié d'entre elles au moins s'oriente avec toutes les variantes possibles vers des propositions sexuelles plus ou moins larvées, plus ou moins abouties avec une large gamme de ressorts comiques. Toutes relèvent d'une forme ou d'une autre de séduction, cette prédation semblant être la lame de fond qui permet des incarnations très surprenantes : la surprise d'un ancien amant qui a décidé de s'isoler pour prendre un bain ou la tendre relation incestueuse entre le marié et sa sœur (Sarah Espour). Ces noces seraisiennes où se nichent ces petites alcôves de sexe et de mort n'achoppent que de temps à autre sur l'exemplarité de chaque saynète : c'est qu'on aurait presque oublié qu'il s'agissait « aussi » d'un examen où chacun jouait sa partition. Où certains plus virtuoses jouent plus fort ou plus brillamment que d'autres, fatalement. Où les plus discrets tirent leur épingle du jeu dans les marges, ou par un surplus de matité émotionnelle (les deux sur la terrasse, à la fin) qui finit par payer elle aussi. L'an dernier, la composition en sketches donnait l'occasion à Gwendoline Gauthier de rayonner dans une inoubliable scène de rupture avec amant dans le placard où l'on balançait d'une seconde à l'autre entre le grotesque et le pathétique, plus Feydeau ou Dostoïevski (la cruauté presque innocente de la fille, l'aberration de la co-présence de chacun où les masques tombent en direct) que Raymond Carver. La belle cohésion de la classe de 2015, les scènes de danse qui servent de respiration aux scènes à deux en dilatant le temps dans un hédonisme menacé par des intempéries libidineuses et sentimentales est alimentée par une trame fictionnelle plus riche que celle de 2014, de facto un film à sketches autour des textes de Carver. Ceci étant, la fête de mariage et le décor unique de la maison sont un bienfait tout relatif dans la mesure où ils ramènent des références parasites à d'autres longs-métrages comme "Festen" ou "After the Wedding" dont l'ombre plane au-dessus des inévitables règlements de comptes des discours, là où toute l'originalité de la démarche est de nous montrer des corps jamais vus dans des postures singulières (c'est un grand film postural, des contorsions sur le sol de la malade à celle qui déploie son corps en rejoignant son amant dans le bain, des poses régressives des goinfres du buffet à la fille qui pisse son sac à la main) et faire entendre leur voix inouïes jusqu'à lors. Le meilleur ne tient donc pas à ces emplois au spectre parfois trop limité de beaux amants ténébreux et de filles paumées ou suicidaires mais aux modulations infléchies à leurs modèles originaux, et à leur usage sans cesse reconfiguré du décor et de l'équipe technique, toute entière tournée vers la qualité des moments à capter. C'est une cartographie de l'espace que s'emploie à redessiner la chorégraphie empirique techniciens/interprètes, entre refuges dans la cuisine, toilettes, voire dans un véhicule à l'arrêt et une salle de bains particulièrement prisée, qui est aussi bien la scène d'une discussion mémorable de franchise entre filles sur la fellation faite à un invité que le petit théâtre d'une lettre d'amour qui sera brûlée une fois lue, où les parois coulissantes de la douche protègent la timidité de la lectrice (Marie Bourin, frémissante de sensibilité) en surcadrant la douleur d'un amour qui n'en finit pas de s'éteindre. Cette année, les monteurs Ewin Ryckaert et Nicolas Bier ont eu à tailler dans une matière plus fragmentée, charriant une esthétique dogma moyennement bienvenue, mais portée par un geste là aussi très enlevé, sincèrement réjouissant, en pleine communion avec les intentions de la réalisatrice, comme à l'emporte-pièce (et non la feinte de ce raptus, qui grève le naturalisme actuel). C'est également que Jean-François Metz, chef opérateur de ce film et contrairement à celui de l'an passé (Benoit Dervaux, cadreur des Dardenne) ne travaille pas à focale fixe : on sent dans la première séquence de préparatifs chez les mariés que la mise en place se cherche entre coinçage dans l'exiguïté du décor et volonté de capter toute la gamme de tremblements sur le visage d'Élisabeth Karlik avec trop de zooms intempestifs. Quant à Noëls, elle trouve dans cette urgence de création une spontanéité et une véracité indécelables dans sa filmographie passée, décrochant une claque bien sentie à la face des prudents garants du bon goût et autres frileux qui n'osent pas empoigner ce bouquet de nerfs et d'émotions à vif que le cinéma, par le truchement intime du jamais-vu-jamais-entendu de ces acteurs-là, peut encore nous offrir avec tant de générosité.

Publié le 27 juin 2015  à propos de Vice-Versa
Une étoile pour la prouesse technique de ce film à la pédagogie lourde et ennuyeuse. L'agitation, irritante à la longue, ne compense pas le manque d'histoire. Beaucoup de belles idées et pourtant on a envie de sortir dès avant la pause. Tant de moyens, de savoir faire et d'énergie mise au service d'une réalisation finalement très décevante. A éviter sans remords aucun.

Publié le 27 juin 2015  à propos de Vice-Versa
De très bonne facture évidemment... que peut-on réellement oblitérer au studio Pixar? Super. Seule chose est que l'architecture de l'intrigue est pas toujours des plus simples.Mais au moins on ne prend pas les spectateurs pour des idiots. Le petit court métrage 'Lava' avant la projection est assez cucu la praline.. Pas besoin de vous dire de foncer pour voir Vice Versa.

Publié le 26 juin 2015  à propos de Comme un avion
C’est bien léger en effet. Dans le bon sens du terme tout d’abord avec cette poésie douce-amère qui accompagne tout le film. Mais on voit aussi que Podalydès ne fait qu’effleurer une multitude de thèmes plus profonds qu’il entend traiter : la crise existentielle, avec en sourdine une crise du couple et également une forme d’aliénation et des rêves enfouis. C’est peut-être là que le bât blesse, car ce rêve que l’on souhaitait voire éclore ne débouche pas sur grand-chose d’autre qu’une récréation dans une vie monotone et déprimante (Un bol d’air pour petit bourgeois en somme). Comme si la poésie promise était sans cesse contrariée par ce fond d’ironie un brin facile. Même si Podalydès excelle dans ce mélange de rêverie enfantine et d’humour décalé il touche en même temps les limites d’une œuvre qu’on ne peut s’empêcher de rêver plus grande.

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